Édition 2017-2018

Février 2018

Guerre commerciale entre Chine et USA ?  -  Spotify s’introduit en bourse  -  La volatilité du VIX  -  Les aléas de Tesla  -  L'affaire Facebook-Cambridge Analytica  -  Le Livret A n’assure plus une protection contre l’inflation  -  Fed : les marchés parient sur trois nouvelles hausses de taux cette année

Citation du mois : « Les gens de Wall Street sont généralement très mauvais pour prédire l’avenir » Joseph R. Perella, fondateur de Perella Weinberg Partners

USA-Chine, le clash

Le 3 avril dernier, l’administration Trump a publié une liste provisoire de biens importés de Chine susceptibles de subir une hausse des tarifs douaniers. L’annonce de cette liste de 1 300 biens représentant environ 50 milliards de dollars fait suite aux différentes menaces américaines et chinoises dont nous vous parlions le mois dernier. Ces produits sont issus des secteurs de l’aéronautique, de la robotique et des technologies de l’information et de la communication. Cette liste cible donc des produits que les Etats-Unis importent peu actuellement mais qu’ils seront amenés à importer dans les prochaines années. Donald Trump s’attaque ainsi au transfert de technologie imposé par les firmes chinoises ainsi qu’à son ambition de devenir un leader mondial de l’industrie et des nouvelles technologies à travers son plan Made in China 2025.

La Chine a répliqué à cette annonce en publiant quelques heures plus tard une liste de biens importés qui feraient l’objet d’une hausse de taxes pour un montant similaire. Parmi les biens visés, des produits stratégiques tels que le soja, l’automobile et l’aéronautique. La Chine a également ouvert une procédure de règlement des conflits commerciaux auprès de l’OMC.

Alors que Robert Lighthizer, représentant américain au commerce, dit avoir ciblé des « produits qui profitent aux projets industriels de la Chine tout en minimisant l’impact sur l’économie américaine », il semblerait qu’en cas de guerre commerciale les Etats-Unis souffrent davantage de ce conflit que la Chine. En effet, 30% des exportations américaines vers la Chine seraient concernées par ces hausses de taxes contre seulement 10% de leurs importations chinoises. Ainsi les exportations américaines pourraient souffrir de ces mesures ce qui creuserait davantage le déficit commercial américain qui s’élevait déjà à 566 milliards de dollars en 2017.

Enfin, l’agence Bloomberg a également annoncé que les autorités chinoises étudieraient l’option d’une dévaluation du yuan. Une monnaie faible permettrait en effet à la Chine de regagner en compétitivité en relançant ses exportations. 

L'IPO de Spotify

Une capitalisation boursière de 26 milliards de dollars, 71 millions d’utilisateurs, 4 milliards de chiffre d’affaires, la situation de Spotify laisse rêveur. Mis à part l’anecdotique histoire du drapeau suisse, le fleuron suédois a gagné son pari de réaliser une entrée en bourse en cotation directe.

Ce processus peu utilisé, est caractérisé par une entrée sur le marché sans levée de fonds, ni frais d’introduction. Ainsi Spotify s’est passé d’une banque d’investissement garant, notamment, d’une période de gel de la valeur des actions, permettant une période de stabilité pour l’entreprise. Ce choix a permis d’économiser plus de 60 millions de dollars.

Le succès de Spotify est visible à travers la variation du cours de son action, qui avait pour valeur de référence 132$ et qui a vu le marché s’établir à 150 $ à la fin de la journée de son introduction. Nombreux annonçaient un revers du marché sachant que cette pratique de cotation n’a pas les faveurs de l’establishment. Il n’en est rien, le cours de l’action s’établissant aujourd’hui aux alentours de 157$, confirmant la confiance des investisseurs dans le modèle de développement de Spotify.

Toutefois le modèle économique du géant du streaming n’est pas encore profitable et dans un contexte de doute sur les valeurs des techs suite, notamment, au scandale sur l’utilisation des données, la situation de Spotify pourrait vite se retourner.

Soupçons autour du VIX

Le VIX est l'indice de volatilité des actions américaines le plus suivi de la Bourse de New-York (le S&P500), d’où son surnom d’« indice de la peur ». Il est la propriété du CBOE, la Bourse des options de Chicago, autrement dit, des produits dérivés. S’il est de temps en temps critiqué, l’indice VIX est actuellement sous le feu des projecteurs car il fait l’objet de suspicions concernant une éventuelle manipulation de cours.

En effet, après des performances exceptionnelles les 5 et 6 février, contrastant avec le contexte financier du moment, le régulateur américain de l’industrie financière (la FINRA), alerté, cherchait déjà à établir si des traders avaient pu parier sur des options sur l'indice S&P500, dans le but d'influer sur les cours des contrats sur le VIX.

Le fait est que, mercredi 18 avril, l’indice a pris 10%, culminant ainsi à quasiment 17 points, alors même que se déroulaient parallèlement les enchères mensuelles sur les options liées au S&P500. Un trader a notamment acheté plus de 2 millions de dollars d’options expirant en mai. Ses pertes probables ont, dit-on, pour objectif de garantir ses gains sur le VIX. L’affaire a été explicitée par le Financial Times.

Les aléas de Tesla

Après un mois de mars difficile, le cours d’un des plus grands producteurs d’automobiles électriques a encore plongé. Le prix de l’action de Tesla s’est fixé à 252$ après le poisson d’avril tant médiatisé du PDG – Elon Musk. Il s’agissait d’un message sur Twitter où il déclarait que Tesla était en fait défaillant. Ce type d’humour avait pour but de rassurer les actionnaires, mais ces derniers ont toujours des doutes sur la santé financière de l’entreprise.
Cette inquiétude vient du fait que Tesla a dû rappeler 123 000 voitures de Model S après avoir identifié des problèmes de corrosion. S’ajoute à cela la dégradation de sa note par l’agence Moody’s, qui estime que l’entreprise sera incapable d’atteindre ses objectifs de production sur le Model 3 et le Model S.
Même si le cours de Tesla a augmenté jusqu’à 300$ le 5 avril, ce chiffre reste loin du record de 383$ atteint l’été dernier. La stabilité du prix de l’action n’a pas duré longtemps car à la fin du mois d’avril, le cours a encore chuté. Cela semble être le signe des difficultés toujours présentes dans l’entreprise.
Certains économistes considèrent que le problème est plus généralement lié au modèle économique de Tesla. En effet, les actionnaires remettraient en cause la rentabilité de l’entreprise qui investit énormément en recherche et développement mais qui peine vendre ses automobiles.
Enfin, pour la banque américaine JP Morgan, il serait temps de vendre les actions de Tesla car la concurrence ne tarderait pas à arriver, les constructeurs d’automobiles allemands tels que BMW, Audi et Daimler ayant annoncé leur production.

Scandale Facebook-Cambridge analytica

« M. Zuckerberg, vous, l'entreprise que vous avez fondée, l'histoire que vous avez créée, sont l'incarnation du rêve américain. Vous êtes une source d'inspiration pour beaucoup. C'est à vous de garantir que ce rêve ne se transforme pas en cauchemar pour la vie privée des utilisateurs de Facebook. » John Thune (Président de la Commission de Commerce aux Etats-Unis).

Fin mars, le Guardian révèle que le cabinet Cambridge Analytica a collecté, exploité puis utilisé les données de plus de 87 millions d’utilisateurs de Facebook, sans les en informer mais avec l’accord de Facebook. L’objectif du cabinet étant d’optimiser le ciblage de la communication politique de ses clients en dressant des profils psychologiques personnalisés grâce aux données récoltées. Ainsi les défenseurs du Brexit ou l’équipe de campagne de Donald Trump ont pu en bénéficier.

Le scandale est tel qu’il oblige Mark Zuckerberg à se présenter à la fois devant la Chambre des Représentants et le Sénat, début Avril, pour s’expliquer sur sa politique de gestion des données.

Toutefois, dans ce contexte enclin aux inquiétudes, Facebook a publié des résultats trimestriels records, avec une hausse de son chiffre d’affaires de 63% par rapport aux trois premiers mois de 2017. Plus surprenant, le nombre d’utilisateurs mensuels de Facebook a bondi de 13% pour atteindre 2,2 milliards. Résultat, le titre a augmenté de 9%.

Le business model de Facebook reposant à plus de 95% sur les revenus issus de la publicité, qui est aujourd’hui ciblée grâce à l’utilisation des données des utilisateurs, légitime le questionnement des pouvoirs politiques sur la nécessité d’une régulation plus contraignante.

Big Brother is watching you.

Le prix du pétrole au plus haut depuis fin 2014 avant de chuter après le critiques de Trump envers l'OPEP  -  Le montant investi par les fonds d'investissement français a atteint plus de 14 milliards d'euros l'an dernier, et les levés de fonds, 16,5 milliards d'euros, des montants historiques  -  Le patron de JP Morgan profite de son point annuel à ses actionnaires pour dresser un bilan de l’action publique, ce qui renforce l’hypothèse d’une carrière politique  -  Christian Sewing nommé PDG de Deutsche Bank  -  Fed : les marchés parient sur trois nouvelles hausses de taux cette année  -  Le gouvernement va supprimer les commissaires aux comptes dans les PME  -  Le patron de BlackRock va toucher un salaire de 27,7 millions de dollars  -  La Bourse de Londres recrute son nouveau patron (David Schwimmer) chez Goldman Sachs  -  BPCE va lancer sa place de marché de services financiers

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