Édition 2018/2019

Avril 2019

Une fusion ING- Commerzbank ?

Après l’annonce de l’échec de son projet de fusion avec la Deutsche Bank fin avril 2019, due au fait que l’opération n’apporterait pas suffisamment de valeur ajoutée aux deux établissements, Commerzbank serait désormais la cible de la banque néerlandaise ING. 

Bien qu’aucune des deux parties n’ait confirmé ces informations, le groupe ING aurait approché Commerzbank ainsi que l’Etat allemand qui contrôle 15% de son capital. Ralph Hamers, Président-Directeur Général d’ING aurait notamment avancé l’argument de suppressions de postes moins importantes que celles envisagées dans le cadre d’une fusion entre Commerzbank et Deutsche Bank. De plus, ING envisagerait de déménager son siège, situé aujourd’hui à Amsterdam, à Francfort. L’opération permettrait à ING de se renforcer dans la première économie de la zone euro alors que son implantation en Allemagne est actuellement limitée avec seulement 8 millions de clients et une gestion des dépôts effectuée entièrement en ligne.

Il semblerait cependant que la banque néerlandaise ne soit pas la seule prétendante à une fusion avec la deuxième banque allemande. En effet, l’établissement italien UniCredit et la banque espagnole Santander seraient également intéressés par l’opération. BNP Paribas a en revanche déclaré ne pas envisager une telle fusion. 

Élise Lairy

Suppression d'emplois à la Société Générale

L’une des principales banques françaises, la Société Générale qui emploie près de 148 000 personnes dans le monde, dont 20 000 dans la banque de financement et d’investissement, a annoncé une suppression de 1600 postes dans le monde entier dont 752 en France. Il s’agira principalement de départs volontaires et de non renouvellement de poste. Les départs volontaires se feront dans le cadre des ruptures conventionnelles collectives permises par la réforme du Code du Travail. Ce plan économique concerne en majeure partie les activités de la banque d’investissement mais aussi de la banque de détail avec environ 500 suppressions en banque de financement et d’investissement et 171 en banque de détail. 

Ces suppressions de postes étaient attendues depuis l’annonce d’un plan de réduction des coûts de 500 millions d’euros en 2020. En effet, la Société Générale entend accroitre sa rentabilité notamment sur ses activités de marché en supprimant par exemple sa filiale de trading pour compte propre. Lors de l’annonce des résultats de 2018, le directeur général de la Société Générale Frédéric Oudéa avait déclaré que l’enjeu majeur actuel des banques était d’essayer d’améliorer leur rentabilité, dans un contexte de taux d’intérêt bas. Ainsi ces suppressions de postes permettront au groupe de rattraper les autres grandes banques de financement et d’investissement en terme de rentabilité en se fixant un objectif de 11 à 12% de rentabilité des fonds propres (ROE) contre 7,8% atteint en 2018. 

Thomas Muñoz

Fin du Grand Débat

En réponse aux fortes tensions ayant bouleversées le pays durant ces derniers mois, le gouvernement a proposé en janvier un grand débat national. Ce dernier s’est achevé le 8 avril dernier, permettant à tous de débattre de diverses questions s’articulant autour de quatre axes principaux.

Au total près d’1,5 millions de français ont participé au débat avec comme souhait principal « un immense besoin de justice et d’équité ». 

Tout d’abord un des sujets principaux porte sur les impôts et dépenses et l’action publique. Face à ces interrogations, Emmanuel Macron a exprimé le souhait de baisser les impôts des classes moyennes en se finançant par la suppression de certaines niches fiscales.

Une seconde question s’est posée autour du niveau décisionnaire : faut-il renforcer la décentralisation ? Y a-t-il trop d’échelons administratifs ? 

De plus, la nécessité de la transition écologique est bien présente dans les votes des citoyens. En effet, cette transition énergétique permettrait de réduire les dépenses en carburant, chauffage. Néanmoins pour réussir cette transition cela nécessite un accompagnement de tous les citoyens.

Enfin, il semble nécessaire pour les citoyens de renforcer et de donner plus de force à la démocratie en reconnaissant par exemple le vote blanc ou d’accroitre le recours aux referendums. Le chef d’État s’est dit favorable à ce que les référendums d’initiative citoyenne puissent être organisés sur des sujets locaux. 

Ce grand débat national a permis de dégager les axes principaux autour desquels des mesures devraient être prises afin de satisfaire la majorité des citoyens.

Manon Boutin

La BCE hésitante vis-à-vis de la remontée des taux

Ces dernières années, Larry Summers, ancien secrétaire du trésor des Etats-Unis, a développé l’hypothèse selon laquelle les pays développés sont confrontés à ce qu’il qualifie de « stagnation séculaire ». En effet, ils connaîtraient un manque chronique de demande globale, et ce depuis une date antérieure à la crise financière mondiale.

 

A l'instar de la faiblesse de l'inflation, la faiblesse des taux d’intérêt que l’on observe à travers les pays développés, et plus précisément au sein des pays européens, en serait l’une des manifestations. Par exemple, les rendements à long terme des titres publics protégés contre l'inflation ont eu tendance à baisser depuis les années quatre-vingt-dix et sont restés à leur plus bas niveau au cours de la dernière décennie. En définitive ils sont passés de 6% en 1990 à -0,3% en 2018. 

La littérature moderne orthodoxe, qui s’est construite autour des travaux des nouveaux keynésiens, suggère que les taux d’intérêt seraient fondamentalement déterminés par le « taux d’intérêt neutre » ou « taux d’intérêt naturel ». Il s’agit du taux qui est compatible avec une performance stable de l’économie.

Le 10 avril dernier, les banquiers centraux de la BCE se sont entretenus afin de discuter de l’augmentation des taux. Cette augmentation consisterait à remonter les taux afin de relancer les activités bancaires qui subissent la faible rentabilité de leurs opérations. Aussi une augmentation de taux comme cette dernière sera la première depuis 35 ans. Les retombées sur l’économie restent donc incertaines. L’incertitude résultant de ce resserrement de la politique monétaire se perçoit par le scepticisme des banquiers centraux. Néanmoins, certaines alternatives sont actuellement discutées comme la modulation des taux de dépôts ou encore la reprise du Quantitative Easing au second trimestre qui avait pourtant été stoppé fin 2018. Il semble donc que la banque centrale souhaite perpétuer sa politique de taux bas et éventuellement renouveler la politique d’achat de la dette.

Pierre-Antoine Tessier

122 Rue de Vaugirard, 75 006 Paris 

Université Panthéon-Assas

contact.assasfinance@gmail.com

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