Édition 2021/2022

Avril 2022

La chute du cours de Netflix

            Véritable surprise en 2022, le cours de Netflix ne cesse de diminuer. L’entreprise multinationale américaine était pourtant connue pour avoir une forte croissance et comme étant totalement dominante sur son marché. Netflix fait d’ailleurs partie du regroupement FAANG rendu célèbre par Jim Cramer, l’entreprise battait des records de performances depuis plusieurs années avec notamment une hausse de plus de 270% de son cours en quatre ans. Néanmoins, le cours de Netflix chute désormais continuellement depuis le début d’année, il a chuté de plus de 35% en quelques heures mercredi 20 avril, portant un effondrement du titre à plus de 60% sur l’année et cela ne semble pas prêt de s’arrêter.

 

Pourquoi une telle baisse ?

On pourrait d’abord penser que Netflix, en tant que FAANG était peut-être surévalué et donc que l’on aurait uniquement un réajustement du marché. Néanmoins cela ne semble pas être la raison de cette chute en bourse et la cause principale en serait une perte du nombre d’abonnés.

En effet, le groupe a subi une perte de près de 200 000 abonnés au cours du premier trimestre 2022 suivie de l’alerte d’une perte attendue de 2 millions d’abonnés pour le groupe au second trimestre.

Cette baisse de sa base d’abonnés pourrait s’expliquer en première lieu par la suspension des services du groupe en Russie en raison du conflit et de la guerre en Ukraine.

Un autre facteur qui pourrait expliquer cette perte d’adhérents pourrait être le changement du coût des abonnements puisque qu’en août dernier, leur prix a progressé de 13%.

Le groupe fait également face à de nombreux partages de mots de passe par les utilisateurs réduisant en partie le nombre d’abonnés de Netflix. Ainsi d’après les propos du spécialiste des médias Pascal Lechevallier, il y aurait 100 millions de foyers qui utilisent Netflix sans même souscrire à un abonnement. L’entreprise estime d’ailleurs qu’au Canada et aux Etats-Unis 30 millions de foyers regardent Netflix sans payer.

Finalement, on pourrait également citer la concurrence des autres plateformes de streaming. Au départ Netflix était presque en situation de monopole sur son marché, l’entreprise a pu également se diversifier notamment en produisant ses propres films et s'est très vite imposée comme référence dans le grand public et dans son quotidien. Cependant depuis quelques années d’autres plateformes de plus en plus importantes sont apparues comme Amazon Prime Vidéo ou encore plus récemment Disney+. Ces nouvelles plateformes offrent une alternative de plus en plus sérieuse à Netflix avec également des spécificités dans leurs contenus et dans leurs abonnements qui leur permet de s’offrir des parts de marché. Les consommateurs ont donc de plus en plus de choix et il est donc plus difficile pour Netflix de gagner de nouveaux abonnés ou de les fidéliser, d’autant plus pour ceux qui ne peuvent pas souscrire simultanément aux différentes plateformes et qui sont donc dans l’obligation d’en choisir qu’une.

 

Pour faire face à ces problèmes, on pourrait s’attendre à une chasse au partage des mots de passe ou encore de nouveaux abonnements proposés à plus faible coût dans les prochains mois.

Reste à savoir si l’entreprise parviendra à faire face à ces problématiques et à se relancer sur le marché, à savoir que de possibles poursuites judiciaires de la part de certains actionnaires qui accuseraient le groupe d’avoir trompé le marché pourraient avoir lieu.

Rachat de Twitter par Elon MUSK ou l’OPA historique de l’homme le plus riche du monde

            Comparativement aux autres mastodontes des réseaux sociaux, « Twitter rapporte peu » et sa gouvernance est instable. Depuis plus d’un an, le cours en bourse de Twitter était en baisse. Le chiffre d’affaires n’était pas rentable, notamment pour preuves : une perte nette de 221 millions de dollars en 2021 et une hausse de 13% d’utilisateurs quotidiens actifs seulement. En ce début du mois d’avril, l’homme le plus riche du monde, Elon MUSK - dont la fortune s’élève à 219 milliards de dollars en 2022 - s’exprimait publiquement au sujet de son appétence pour Twitter. En deux semaines, l’accord avec le conseil d’administration du réseau social était conclu. D’utilisateur à détenteur en moins de 21 jours, comment s’y est pris Elon MUSK ?

 

Retour sur cette « OPA historique »...

 

            Dans la presse, les qualificatifs (« surprenant », « brutal », « agressif »...) ne manquent pas pour décrire le rachat de la place publique la plus influente qu’est Twitter. Pour rappel, une OPA (Offre Publique d’Achat) est une opération par laquelle une entreprise A va prendre le contrôle d’une entreprise B en rachetant les actions à comptant à leurs détenteurs. Twitter n’était pourtant pas à vendre.

Dans ce cas, il était donc même question d’une OPA dite hostile (« hostile take over » dans le jargon financier) puisque Elon MUSK a lancé un achat massif des actions sans négocier le prix, l’accord ou la relation avec Twitter.

 

Dans le communiqué de son OPA, il affirmait pouvoir « débloquer le potentiel extraordinaire » de Twitter. Les motivations du milliardaire se comptent au nombre de trois : rétablir la liberté d’expression (par une modération plus « permissive » en abolissant la censure sur Twitter ; il conteste notamment l’exclusion de Donald TRUMP), augmenter la confiance dans les interactions (à travers l’ouverture du code de Twitter facilitant les audits, la suppression des robots à spam et une authentification plus forte) ainsi que déployer de nouvelles fonctionnalités (créer un bouton « modifier » sous les posts). Il souhaite également lutter contre la désinformation et contre les arnaques aux cryptoactifs d’autre part...

 

Parallèlement, les craintes se multiplient face à une telle prise de pouvoir. Il va sans dire qu’Elon MUSK est une personnalité controversée. Le fait qu’un « libertarien » puisse passer aux commandes d’une plateforme d’une telle envergure inquiète. Joe BIDEN et divers politiciens à travers le monde considèrent les enjeux de lutte contre la haine et contre la désinformation comme primordiaux et s’inquiètent de la tournure presque politique que prend l’affaire.

Des ONG se sont d’ailleurs manifestées récemment en appelant les grandes marques à boycotter Twitter si Elon MUSK devait appliquer certaines règles précises « excessives ». Jessica GONZALEZ, co-directrice de l'ONG Free Press s’exprimait à ce propos : "Musk n'a pas seulement acheté un nouveau jouet très cher, mais une communauté mondiale qui comprend 330 millions d'utilisateurs réguliers. Contrôler une plateforme aussi importante donne des responsabilités tout aussi importantes". Aussi, de nombreux sondages ont explosé concernant une baisse potentielle d’utilisateurs quant à ce rachat. Que retenir de cette opération spectaculaire ?

 

5 dates clés pour mieux comprendre les éléments de cette opération éclair, dite « jamais vue » :

Malgré le cap hawkish fixé par la Fed, le Dollar reste proche d'un sommet de 2 ans au Forex

            Malgré le contexte économique compliqué, marqué par le conflit ukrainien et par la défiance généralisée des marchés, le dollar se rapproche de son plus haut niveau depuis deux ans. La décision de la Réserve fédérale américaine de maintenir sa position hawkish dans son dernier compte-rendu de réunion n’est pas ici dénuée de sens, comme nous allons le voir.

L’impact du cap hawkish fixé par la Fed

Pour comprendre ce positionnement, il convient de rappeler ce qu’est une orientation hawkish. L’orientation « Hawkish » (dit belliciste) s’oppose à l’orientation « Dovish » (dit pacifiste) en ce qu’elle a pour but principal de lutter contre l’inflation. Ainsi, les banques centrales, utilisent alors, tous les moyens possibles pour la combattre car elles la considèrent comme un danger absolu. La croissance économique n'étant alors plus au cœur des préoccupations. Parmi les mesures à disposition souvent utilisées, la hausse des taux d'intérêt.

En théorie, une politique « Hawkish » s'applique pendant une période de croissance économique. C'est un positionnement favorable à l'appréciation de la devise du pays sur le marché des changes. On comprend alors mieux pourquoi, les traders sont actuellement si impatients de voir la Réserve Fédérale américaine augmenter ses taux d'intérêt.

A titre d’exemple, on observe que l'indice du dollar américain qui suit le billet vert contre un panier d'autres devises a atteint son plus haut niveau depuis mai 2020 dans la nuit du mardi 5 avril à 99,778. La paire USD/CNY a ainsi augmenté de 0,04% à 6,3622 et la paire GBP/USD a augmenté de 0,06% à 1,3076.

Les devises liées aux matières premières ont quant à elle reculé par rapport à leurs récents sommets en raison de la chute des prix du pétrole. L'euro s'est de son côté redressé à 1,0911 $ dans les échanges asiatiques après avoir touché un plus bas d'un mois à 1,0874 $.

Dans la continuité de cette politique hawkish, de "nombreux" décideurs sont prêts à augmenter les taux d'intérêt par tranches de 50 points de base lors des prochaines réunions, selon le procès- verbal de la réunion de mars de la Fed. Le procès-verbal a également montré un accord général sur la réduction de 95 milliards de dollars par mois des avoirs qui ont explosé pendant la pandémie de COVID-19.

La corrélation de cette position du dollar sur le monde de la finance

Bien que le contenu du procès-verbal soit largement conforme aux attentes, la détermination de la Fed à commencer à relever dès mai 2022 le taux directeur, a été une secousse pour les investisseurs et devrait maintenir le dollar à un niveau élevé.

"Le marché a été lent à accepter la réalité, de sorte que le resserrement quantitatif arrive beaucoup plus tôt que prévu", a déclaré à Reuters, Donnelly de Spectra Markets.

"Cela devrait maintenir les actions lourdes et le dollar soutenu jusqu'à la réunion de la Fed du 4 mai", a-t-il ajouté.

De l'autre côté de l'Atlantique, la Banque centrale européenne (BCE) publiera très bientôt le procès-verbal de sa dernière réunion. Bien que l'on s'attende à ce qu'elle adopte une position moins belliqueuse que son homologue américaine, la BCE doit également trouver un équilibre entre la gestion d'une inflation élevée et la prévention d'une récession.

La Banque de réserve d'Australie a également adopté un ton hawkish dans sa décision politique rendue en début de semaine, bien qu'elle ait maintenu son taux d'intérêt à 0,1 %.

Cependant, la Chine adopte une approche opposée, puisqu'elle a réitéré son intention d'assouplir sa politique monétaire pour aider à combattre la dernière épidémie de COVID-19 et l'effondrement du marché immobilier. Le compte rendu d'une réunion du Conseil d'État présidée par le Premier ministre Li Keqiang mercredi a indiqué que les responsables utiliseront les outils de politique monétaire au "moment opportun" et envisageront d'autres mesures pour stimuler la consommation.

Par ailleurs, la vente généralisée d'actions et d'autres actifs à risque dans la perspective d'une hausse des taux d'intérêt a également nuit aux cryptomonnaies. Le Bitcoin a ainsi chuté de 5 % dans la nuit de ce mardi 05 avril à 43 000 $.