Banques centrales et politique monétaire

Ce qui va suivre parlera souvent d’inflation. Voici quelques indications sur l’inflation:L’inflation représente l’augmentation générale des prix à la consommation.Lorsque l’inflation est de 1% on comprend que les prix ont augmenté d’1%. Seulement, pas tous les prix ne sont comptés, voici la constitution du panier :

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La déflation est une baisse des prix, donc une inflation négative.La désinflation est un ralentissement de l’inflation.L’hyper-inflation est une inflation à deux chiffres.

   I Banques centrales

Avant les années 1980, en Europe, les banques centrales nationales avaient pour rôle de frapper la monnaie centrale (c’est-à-dire de la créer). Une banque centrale nationale mettait en circulation les pièces et billet, elle contrôlait la masse monétaire du pays.Depuis les années 1980, avec la création du Système Monétaire Européen, les banques centrales nationales voient leur rôle réduit à l’alimentation des banques commerciales de leur pays en billets. Le contrôle de la monnaie en circulation dans tous les pays de la zone euro se fait désormais par la Banque Centrale Européenne, gouvernée par Mario Draghi.

La BCE a un objectif majeur, maintenir la stabilité des prix en préservant une inflation en dessous des 2% car après le choc inflationniste des années 1970/1980, les pays se sont mis à chasser l’inflation.Pour maintenir cette inflation en dessous de 2%, la BCE a recours à la politique monétaire. Par cette politique elle peut utiliser deux outils; les taux d’intérêt directeurs et le Quantitative easing. Son deuxième objectif est la stabilité du système financier.Son troisième objectif est également la protection de sa devise sur le marché des taux de change.

La Banque Centrale des USA est la Federal Reserve, la FED. Elle est dirigée par Janet Yellen. La FED utilise les même outils que la BCE et son objectif d’inflation est également de 2%. La seule différence est que la FED est également en charge de l’économie réelle, pas seulement financière c’est à dire qu’elle œuvre en direction de la réduction du chômage etc.

 

   II Taux directeurs

Un taux d’intérêt directeur est le taux d’intérêt auquel une banque centrale accorde un crédit à une banque commerciale qui elle même accorde des crédits aux ménages. Ainsi, lorsque les taux d’intérêt directeurs sont bas, les ménages et entreprises sont plus enclins à emprunter. Lorsque les ménages empruntent, par exemple pour acheter un bien immobilier, le prix de ce dernier augmente : inflation.Lorsqu’une entreprise emprunte pour investir (achat de machines), elle peut augmenter sa cadence de production. L’augmentation de sa production entrainant une augmentation de ses revenus, elle peut embaucher. Conséquemment, le chômage baisse.Selon la courbe de Phillips, l’inflation est une relation décroissante du chômage donc lorsque le chômage baisse l’inflation augmente.On comprend donc que lorsque les taux d’intérêt directeurs sont bas, les entreprises et ménages, par leurs investissements permis par des crédits peu couteux, entraine une augmentation de l’inflation. Par conséquent, pour respecter son objectif d’inflation inférieur à 2%, la BCE doit maintenir des taux d’intérêt élevés, puisque l’on a vu que les taux bas entraîne de l’inflation. Or, actuellement, nombreux sont les pays pour lesquels l’inflation est proche de 0% et comme on a pu constater dans le passé, les période déflationnistes peuvent se révéler plus désastreuses encore que les périodes d’hyper-inflation.Conséquemment, la BCE essaie de relancer l’investissement pour accroître le revenu national (PIB), et ainsi créer une inflation proche de 2% qui est essentielle pour la croissance. Seulement, il ne suffit pas d’abaisser les taux directeurs pour relancer l’investissement. Il faut également que les investisseurs ait confiance en l’avenir, ce qui n’est pas vraiment le cas actuellement. En effet, il ne suffit pas que les entreprises empruntent pour investir dans des machines et accroître leur cadence de production pour que leur revenu augmente. Pour que leur revenu augmente il faut que l’augmentation de l’offre de production soit satisfaite par une augmentation de la demande. Or, l’idée selon laquelle toute production crée sa propre demande vient du courant des classiques. Aujourd’hui on constate que ce sont les keynésiens qui ont raison en disant que c’est la demande qui crée l’offre.

En résumé, si les entreprises n’anticipe pas une augmentation de la demande, il n’accroîtront pas leur offre de production , même si les taux d’intérêt bas permettent des emprunts peu couteux.De plus, on constate aujourd’hui que l’inflation et le chômage n’ont plus aucun lien de corrélation.

   III Quantative easing

Le QE, quant à lui est une politique économique dite « non-conventionnelle », elle n’est censée intervenir qu’en cas de crise. Le QE implique l’achat de titres obligataires par les banques centrales directement sur le marché financier, principalement des obligations d’états. Cela entraîne les réserves des banques et la monnaie en circulation.

Or, bien que nous soyons plus ou moins sortis de crise, les banques centrales ont toujours recours à ces outils (jusqu’à peu aux USA et actuellement en zone euro). Cela a un effet positif sur les marchés financiers car cela génère un effet de richesse et booste donc les marchés. Cependant, le marché devient peu à peu dépendant au quantitative easing qui devient par conséquent moins éfficace. Cela gonfle donc le marché mais le fragilise également.

122 Rue de Vaugirard, 75 006 Paris 

Université Panthéon-Assas

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