Édition 2020/2021

Mars 2021

Spac 101 : Special Purpose Acquisition Company

Alors qu’en 

Certains parmi vous ont peut-être entendu parler de l’acronyme SPAC, que ce soit à

la télévision, dans la presse financière ou dans une conversation avec une phrase du

style “ Qui a une lancé un SPAC ?” et la réponse pourrait être le nom d’un inconnu ou

d’une personnalité telle que Jay-Z, Bernard Arnault, ou encore Xavier Niel.

Je vous propose dans cet article de définir et d’éclaircir le terme « SPAC ».

 

Un SPAC est un véhicule de placement coté en bourse dans le but d’acquérir une ou

plusieurs sociétés existantes ou de fusionner avec elle(s). Au moment de

l’introduction en bourse (IPO), le véhicule est une coquille vide qui ne possède ni

d’activité commerciale, ni de cibles d’acquisition déclarées.

Ce véhicule représente les actions d’une société qui a pour objectif de lever des

capitaux par le biais d’une introduction en bourse. Une fois que le SPAC aura levé

des fonds, ils seront utilisés pour l’acquisition d’une société appelée cible.

 

Le SPAC est souvent perçue comme un « chèque en blanc ».

Que signifie cette expression ? Premièrement, les investisseurs ne savent pas

précisément dans quelles entreprises ils investiront leur cash et deuxièmement

même si les actionnaires sont consultés, la visibilité sur l’acquisition reste floue au

moment de l’IPO.

 

L’avantage de la fusion d’un SPAC avec une société non cotée permet à celle-ci de

devenir immédiatement cotée sans passer par l’IPO classique (longue et coûteuse) :

par exemple la société Wework qui a annulé son IPO en 2020 et qui a été ciblée par

un SPAC pour 9 milliards de dollars (cotation immédiate sans IPO).

 

 

                                                                                                         

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Coupang : entreprise coréenne à fort potentiel

Coupang est une entreprise coréenne née en 2010, en une décennie elle a

su s’imposer comme l’entreprise d’e-commerce national de son pays. Des

livraisons dans la journée de tout type de produits et utiliser par tous les

coréens. Fin 2019, l’entreprise fait progresser de 60% ses ventes par rapport

à l’année passée en franchissant la barre des 10 milliards de ventes. Coupang

est une licorne qui a eu le droit à plusieurs levé de fond la dernière en 2018

de 2 milliards et atteint début 2020 une valorisation aux alentours des 9

milliards de dollars. Le bilan 2020 a montré un déficit de 475 millions de

dollars pour un chiffre d’affaire de 12 milliards de dollars.

 

Après le recouvrement économique éclair de la Corée du Sud mi-2020 tout

s’accélère pour Coupang et malgré quelques plaintes d’employés sur les

conditions de travail l’entreprise enchaîne les critiques positives et continue

d’étendre son influence.

 

Le 11 Mars 2021 c’est un grand tournant pour l’entreprise en effet celle-ci

réalise son introduction en bourse. Là où la Corée du Sud n’est pas très facile

d’accès pour investir sur leurs entreprises, Coupang est introduit sur une place

boursière américaine et absolument tous les investisseurs peuvent se jeter sur

la valeur. La fourchette cible est entre 32 et 34$ mais la valeur de départ est à

35$. Malgré son déficit avec cette ouverture sur le monde Coupang est sur une

très bonne voie pour viser un marché international.

 

L’introduction en bourse de Coupang s’est très bien passé, comme à chaque fois

le marché a peut être été trop gourmand ce qui a entraîné une montée au 66$

avant de revenir sur un intervalle entre 40-50$. Le cours de l’action est

actuellement entrain de se consolider aux alentours de 130% du prix initial.

Cette configuration est très encourageante pour l’entreprise car cela signifie

que de nombreux investisseurs ne sont pas rentrés sur un simple aspect

spéculatif à l’ouverture. Ils investissent dans l’entreprise car les fondamentaux

sont intéressants et que le potentiel de l’entreprise est conséquent.

 

Cette analyse fondamentale est appuyée par Goldman Sachs qui a annoncé un prix d’entrée en position lorsque l’action sera remontée à 62$. Pourquoi Coupang fait l’objet d’un attrait pour cette entreprise ? Pour eux, Coupang est la société d’e-commerce la plus unique dans le monde notamment avec son réseau de livraison et de logistique en Corée. Pour eux, Coupang pourrait à terme monopoliser 28% du e-commerce américain. Ils estiment par ailleurs que l’entreprise n’affichera plus de déficit en 2023.

 

En conclusion, Coupang est l’une des seules entreprises coréennes facilement accessible pour l’investissement. Or, la Corée du Sud est l’un des seuls pays s’étant remis de la crise économique très rapidement et avec une montée assez rationnelle. Ce secteur est en pleine croissance et son pays d’origine également, cela fait de Coupang une entreprise intéressante à suivre pour un investissement.

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Sélim Friez

 

Il y a dix-huit mois, HSBC a lancé son processus de cession de ses agences bancaires HSBC France. On trouvait, notamment parmi les acheteurs intéressés, le fonds d’investissement britannique AnaCap ‑ actionnaire de Milleis Banque, issu de l’ex-Barclays France ‑ et le fonds d’investissement américain Cerberus ‑ un des fonds les plus puissants du private equity spécialisé dans les restructurations financières et pesant 50 milliards de dollars d’actifs. AnaCap est sorti du processus mi-mars. Désormais, seul Cerberus est en phase de négociations avec HSBC pour racheter les agences de HSBC France. La direction de HSBC France prévient qu’il n’y a « aucune certitude à ce jour que les discussions n’aboutissent à un projet d’opération » et qu’en cas d’échec des discussions, HSBC pourrait reprendre les négociations avec AnaCap.

 

Le périmètre de la cession de HSBC France englobe la banque de détail et son réseau de 230 agences, concernant ainsi au total 4000 salariés de HSBC France. Pour rappel, le groupe britannique s’est implanté en France en 2000 après le rachat de l’ancien Crédit Commercial de France (CCF) pour 11 milliards d’euros. En 2005, le CCF et certaines de ses filiales changent leurs marques pour apparaître sous la marque HSBC. Aujourd’hui, la filiale HSBC France n’est plus rentable et connaît des difficultés structurelles. Elle aurait enregistré une perte de 1,16 milliard d’euros en 2020, à cause de la pandémie, des coûts de restructuration et d’une charge fiscale exceptionnelle. La cession du réseau d’agences de HSBC France permettrait au géant bancaire britannique HSBC de se recentrer sur l’Asie, où le potentiel de croissance est fort.

 

Peu de personnes misent aujourd’hui sur la banque de détail ; plombées par la baisse des taux d’un côté et la concurrence effrénée des Fintechs, les banques de détail doivent s’adapter et accélérer les restructurations. Dans l’hypothèse où HSBC France serait cédée, Cerberus signerait son rachat à un prix minime ‑ une fourchette de 1 à 2 milliards d’euros a été évoquée lors des discussions. Le fonds envisagerait de reprendre la marque CCF, qui a longtemps été perçue comme une référence du marché, avant de disparaître en 2005. Mais il fau­dra plus qu’un chan­ge­ment de nom pour re­lan­cer l’ancienne banque de dé­tail CCF.

 

 

Hélène Ly

Le possible rachat de HSBC France par le fonds américain Cerberus