Édition 2020/2021

Décembre 2020

Fusions-acquisitions : le bout du tunnel est proche !

Le secteur des fusions-acquisitions a très largement été touché par la crise sanitaire de la CoVid19. Après une forte chute de l’activité due au temps d’adaptation à ce nouvel écosystème, le marché mondial des M&A est maintenant marqué par une phase de rebond dans le nombre et dans le volume des deals.

 

La renégociation des accords de transactions au cœur des problématiques de crise

 

Cette période de crise sanitaire est marquée par des renégociations dans les transactions. L’enjeux pour les acquéreurs est de s’assurer de la bonne gestion de la société en cours de rachat dans le contexte de crise sanitaire et d’éviter d’être pénalisés par la baisse du cours de bourse lors d’un rachat de société côtée. De manière générale, ces renégociations restent difficiles tant par l’aspect pratique que contractuel mais mènent bien souvent à un accord. L’exemple du rachat de la société américaine Tiffany & Co par le géant français du luxe LVMH illustre parfaitement ces difficultés. Le numéro un mondial du luxe a annoncé ce jeudi 31 décembre avoir trouvé un accord faisant suite à de nombreux rebondissements nous ayant tenus en haleine tout au long de cette année. Pour rappel un accord modifié de fusion avait été proposé le 29 octobre. Celui-ci vient tout juste d’être validé par environ 99% des actionnaires au cours de l’assemblée extraordinaire de la célèbre maison américaine de joaillerie s’étant tenue mercredi 30 décembre.

 

Certains abandons de transactions inévitables

 

L’abandon de grosses transactions restent tout de même peu fréquent. Cependant, certaines annulations ont tout de même lieu. C’est par exemple le cas de la  joint-venture entre l’américain Boeing et les activités civiles du constructeur aéronautique brésilien Embraer. Les deux sociétés avaient décidé d’annuler cette transaction le 24 avril dernier après une annonce de création d’une entreprise commune fin 2019. En effet, les deux constructeurs sont en proie à de grandes difficultés dues à la crise sanitaire qui touche de plein fouet le secteur de la construction aéronautique. Ces annulations ont essentiellement pour but de dégager de la trésorerie afin de résister aux dépenses de crises et aux baisses conséquentes des chiffres d’affaires.  Ces abandons restent en revanche marginaux face aux renégociations.

 

Des perspectives encourageantes mais à nuancer

 

La période d’adaptation à la crise et d’analyse des opportunités d’acquisitions et de fusions est en partie passée ce qui permet au marché mondial des M&A de retrouver sa vigueur. Le volume ainsi que le nombre de deals référencés par Bloomberg® ont retrouvé leurs niveaux d’avant crise. Ce tableau montre l’évolution de ces valeurs : 

 

Ces données sont encourageantes en ce qui concerne les perspectives de sortie de crise. Cependant, l’interprétation de ces chiffres doit tout de même être effectuée avec beaucoup de prudence en vue de la situation sanitaire, sociale et économique qui demeure incertaine.

Cet article ponctue le lancement d’une chronique mensuelle ayant pour sujet le secteur des fusions-acquisitions. Vous y retrouverez les principaux deals du mois, des chiffres clefs ainsi que des analyses sur le secteur. Toute l’équipe d’Assas Finance et moi-même avons hâte de vous présenter cette chronique !

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Dividendes bancaires : quelles sont les nouvelles restrictions de la BCE ?

Depuis le début de la pandémie de la Covid-19, l’ensemble des banques centrales tiennent la bride courte aux banques en matière de rachat d’actions et de distribution de dividendes, afin de préserver le capital et soutenir l’économie. À la suite de cette décision, nombreux étaient les opposants à cette politique conservatrice entre autres le président de la Société Générale, Lorenzo Bini Smaghi, qui a fortement critiqué l’aspect inique de cette mesure en affirmant que le rôle principal des régulateurs se limite à assurer la stabilité du système bancaire et à contrôler la quantité de la monnaie en circulation. Neuf mois plus tard, la Banque centrale européenne revint sur sa décision et autorise les institutions financières les plus rentables uniquement à procéder à des rachats d’actions et à rémunérer leurs actionnaires à hauteur de 15% de leurs bénéfices cumulés des exercices 2019 et 2020. Ainsi, au vu de la grande incertitude qui prédomine sur les grandes places financières européennes, le régulateur de la zone euro exige un ratio de fonds propres de catégorie 1 (CET1) inférieur à 20 points de base. Enfin, bien que les établissements bancaires et les organismes d’assurance français témoignent d’une forte résistance et affichent des trajectoires de fonds propres solides, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy De Galhau, ainsi que l’ensemble des membres du conseil des gouverneurs de la BCE réitèrent leurs attentes prudentielles et appellent les organismes financiers à faire preuve d’une extrême modération en matière de rémunération variable. En définitive, les banques de la zone euro promettent de s’aligner sur les recommandations de la Banque centrale européenne et présagent un déplafonnement de dividende à partir du 1er octobre 2021.

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L’accord Brexit et l’impact sur le marché financier

Le 24 décembre 2020, les marchés financiers britanniques ont clôturé sur une note positive pour les vacances de Noël. Quelques heures avant la révélation de l'accord commercial sur le Brexit avec l'Union Européenne, le FTSE 250 a bondi de 1,15% à 20,531 et le « blue chip » FTSE 100 a également fini sur une hausse de seulement 0,01% à 6 502. Cet optimisme encouragera, espèrons-le, les investisseurs sur les marchés financiers pour la nouvelle année à venir.

Concernant le Forex, la livre sterling est en hausse, affichant une hausse d'environ 0,7% par rapport au dollar pour atteindre 1,36 $. Il a également ajouté 0,5% par rapport à l'euro, passant à 1,1136 euros. Sur les marchés européens, les actions sont également en hausse.

Bien que « the Brexit roller coaster » soit terminée, le Royaume-Uni

reste toujours en confinement au milieu d'un pic de cas de

Covid-19 et de l'apparition d'une nouvelle mutation du virus, avec

plus de restrictions à annoncer prochainement par le

gouvernement. Cependant, la révélation et la distribution d'un vaccin

et l'aide gouvernementale ont fait grimper le FTSE 100 de 17% et le

FTSE 250 de 19% depuis fin octobre.

 

Alors que la plupart des investisseurs préféraient tout accord

commercial entre le Royaume-Uni et l'UE, au lieu d'une séparation

sans accord, il reste à voir si le deal suffira à restaurer

pleinement la confiance des investisseurs dans les actions

britanniques. De nombreux investisseurs ont vendu massivement

leurs actions après les résultats du référendum de 2016

qui a vu un creux historique sur les marchés britanniques.

Au-delà du rebond à court terme, le Brexit pourrait avoir

des conséquences à long terme car une exclusion du marché unique entraînera probablement une perte importante d'emplois et de flux de capitaux.

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