Édition 2017-2018

Décembre 2017

One Planet Summit  -  Un premier pas pour les négociations du Brexit  -  La signature du JEFTA  -  Le nouvel épisode Trump  -  L'entrée en bourse du Bitcoin et sa volatilité  -  CAC 40 et DAX à la traine  -  FTSE et DOW JONES dans le vert  -  +20% pour le MSCI World

Citation du mois : Bill Gates (PDG - Cofondateur de Microsoft) lors du One Planet Summit : 

« On a besoin d’innovations fortes dans le domaine de l’énergie, mais aussi d’aide à l’adaptation à ces changements »

Assas Finance travaille même pendant les fêtes

One Planet Summit

Le 12 décembre 2018, deux ans après la COP 21 et suite à l’annonce du retrait américain de l’accord de Paris sur le climat, E. Macron a invité plusieurs chefs d’Etat, responsables de grandes entreprises et des personnalités engagées pour parler de « finance verte ».

Dans la lutte contre la crise écologique et donc dans la réorientation des investissements, la participation des acteurs privés et publics est cruciale. L’idée de ce sommet est de trouver des moyens financiers pour soutenir les transitions énergétiques.

Douze engagements internationaux ont été pris afin de lutter contre le dérèglement climatique et accélérer la transition écologique. On retiendra notamment l’engagement de la Banque Mondiale qui va arrêter les financements pétroliers et gaziers à compter de 2019, qui représentaient 5% des fonds qu’elle avait accordé en 2016. Dans le secteur privé, AXA a annoncé qu’il allait désinvestir 2,4 milliards d’euros de ses actifs dans le charbon et 700 millions d’euros dans les hydrocarbures. Il va également exclure de ses activités les entreprises produisant plus de 20 millions de tonnes de charbon par an.

La Banque Mondiale a montré l’exemple, mais on assiste à une inertie des autres acteurs importants comme la Banque Européenne d’Investissement et la Caisse des Dépôts et des Consignations, qui continuent de financer les énergies fossiles.

En outre, nous pouvons mettre en évidence un manque d’engagements financiers directs des Etats. Bien que la France ait décidé de financer l’adaptation au changement climatique à hauteur de 300 millions d’euros, elle reste un des quatre pays de l’Union Européenne en retard pour atteindre ses objectifs de 100 milliards de dollars d’ici 2020. De plus, elle continuera de soutenir les énergies fossiles à hauteur de 7 milliards d’euros par an.

Le brexit, on en est où ?

Le vendredi 15 décembre, le Conseil Européen a mis fin à la première phase de négociations du Brexit qualifiant de « suffisants » les progrès réalisés par le Royaume-Uni concernant ses modalités de sortie de l’Union Européenne. Le Conseil Européen s’est appuyé sur l’accord trouvé le 8 décembre dernier entre Londres et Bruxelles et pour lequel Theresa May a été contrainte de faire des compromis sur les trois grands volets de cette première phase de négociations, promettant ainsi un Brexit plus soft que prévu.

L’accord assure tout d’abord que les citoyens de l’Union Européenne vivant au Royaume-Uni ainsi que les citoyens britanniques vivant dans l’Union Européenne à 27 conserveront les mêmes droits une fois que le Royaume-Uni aura quitté l’Union Européenne ; de quoi rassurer les près de quatre millions d’européens concernés. De plus, la Cour de justice de l’Union Européenne (CJUE) sera responsable pendant encore huit ans des litiges concernant des ressortissants de l’Union Européenne au Royaume-Uni. Ensuite, la facture du Brexit devra être payée par le Royaume-Uni en euros. On parle aujourd’hui d’une facture allant de 40 à 45 milliards d’euros bien que ces chiffres sont amenés à évoluer durant la seconde phase de négociations. Enfin, le Royaume-Uni s’engage à ne pas recréer de frontière « dure » entre l’Irlande et l’Ulster, province britannique d’Irlande du Nord. C’est ce dernier point qui a bloqué les discussions finales où il avait d’abord été proposé un éloignement de l’Ulster du Royaume-Uni afin de rester proche de l’Union Européenne. Cependant le Parti Unioniste Démocrate (DUP) présent en Irlande du Nord était contre cet éloignement et Theresa May, ayant besoin des députés DUP afin d’obtenir une majorité, s’opposait donc elle aussi à cet éloignement.

S’ouvre maintenant la seconde phase des négociations. Elle aura pour but de mettre en place une période de transition de deux ans, souhaitée par Theresa May, au lendemain de la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne, le 29 mars 2019. Mais aussi, elle devra permettre de trouver un compromis concernant les relations commerciales entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni, les discussions s’orientant pour l’instant vers un accord du même type que celui existant entre le Canada et l’Union Européenne selon Michel Barnier, négociateur en chef de l’Union Européenne sur le Brexit.

L’accord de libre-échange UE-Japon 

Il a fallu attendre le 8 décembre 2017 pour que soit conclu le Japan-EU free trade agreement (Jefta).

Cet accord, considéré comme le plus important que l’Union-Européenne n’ait jamais signé, devrait permettre la suppression des principales barrières tarifaires entre ces deux grands partenaires commerciaux. En outre, fini les droits de douane de 10% sur les véhicules en provenance du Japon, et ceux de 29,8% portants sur les fromages européens. Le secteur agricole européen devrait ainsi jouir d’une augmentation conséquente de ses exportations vers le pays du soleil levant, facilitées par la reconnaissance du Japon de 205 indications géographiques européennes protégées.

Le Jefta, c’est aussi une réponse ferme aux tendances protectionnistes américaines, qui sévissent depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche. Le traité promet une opposition certaine au soft power de la première puissance économique mondiale, qui prône un repli sur soi des économies nationales. Il permet à l’Europe de rester au centre de l’économie mondiale, en affirmant sa vision d’un commerce international qui n’est pas un jeu à somme nulle, mais un réel atout pour chacun de ses participants.

La réforme fiscale de Trump

Le feuilleton sur la réforme fiscale a abouti sur le dénouement souhaité par le Président des Etats-Unis. En effet, le Sénat puis la chambre des représentants ont tous deux adopté le projet de loi de Donald Trump validant définitivement son application.

Pour rappel, la réforme fiscale comporte deux volets : un sur les entreprises, l’autre sur les ménages. Le premier comprend la réduction de l’impôt sur les sociétés de 35% à 21%, la réduction du résultat imposable par l’intégration directe des investissements dans celui-ci ou encore l’instauration d’une taxation des multinationales en fonction de leur profits domestiques et non plus mondiaux. Le second appréhende la suppression de certaines niches fiscales et la réduction de l'impôt sur le revenu.

Le but principal de la manœuvre est de faire une politique pro-cyclique favorisant la compétitivité des entreprises américaines par l’investissement permettant ainsi une hausse des emplois et des salaires.

Les conséquences de cette politique sont incertaines et plusieurs risques sont à prendre en compte. Le premier risque provient de la chute des recettes de l’Etat sur 10 ans de près de 1400 milliards de dollars alors que les recettes induites sont estimées à 460 milliards de dollars, creusant ainsi le déficit. Le second provient de la volonté ou non des entreprises d’investir, qui pourraient préférer le rachat d’actions ou l’augmentation des dividendes plutôt que s’engager dans un projet coûteux et risqué. Enfin, cette réduction d’impôt pourrait amplifier les inégalités outre-Atlantique. Toutefois, certaines grandes entreprises prévoient déjà de transformer ces économies d’impôts en primes exceptionnelles ou en augmentations salariales et la mise en place d’une taxation en fonction des profits domestiques des multinationales pourrait les inciter à rapatrier une partie de leur trésorerie stockée dans des sociétés offshore.

L'incroyable histoire du Bitcoin

Au mois de décembre, le Bitcoin a encore beaucoup fait parler de lui et pour cause : la crypto monnaie a atteint un nouveau record avec une envolée d’un peu moins de 20 000 dollars américains. Considérée comme une bulle en attente d’éclatement pour certains et comme un vrai outil de révolution monétaire, politique et sociale par d’autres, cette monnaie virtuelle ne cesse de fasciner le monde entier en captant de plus en plus l’attention des institutions financières, des régulateurs et des gouvernements.   

Ce mois-ci, le Bitcoin a fait ses premiers pas officiels sur la bourse : le Chicago Board Options exchange a lancé le marché à terme sur le Bitcoin. Pour certains journaux, il s’agirait de la tendance d’institutionnalisation de cette crypto monnaie. Cela reste discutable car il n’est pas encore possible d’échanger les Bitcoins directement en bourse, même si on pourra désormais « parier » sur son évolution.

Cette monnaie virtuelle créée en 2009, attire également l’attention des pays en développement qui veulent devenir les « hubs » de la crypto monnaie. Le 22 décembre, le Président de la Biélorussie a fait part de sa volonté d’accueillir cette monnaie parallèle. En légalisant les Initial Coin Offering (le “crowdfunding” en crypto monnaie) et en reconnaissant les transactions en cybermonnaies, la Biélorussie espère devenir un pays de destination pour les entreprises souhaitant développer leurs activités de crypto-monnaies.

Toutefois, le cours du Bitcoin a plongé de plus de 20% et fluctue autour des 15 000 dollars à la fin de cette année. Une des causes étant la déclaration du gouvernement de la Corée du Sud qui souhaiterait mieux réguler et encadrer les crypto-monnaies.

Malgré cela, aujourd’hui, le prix du bitcoin reste largement supérieur à son cours du début du mois de décembre, qui était égal à 8228 euros.

Meilleure année pour le MSCI World (l'indice boursier calculant l'évolution des pays développés) depuis 2013 avec un gain de près de 10%  -  Bitcoin : Bercy alerte sur le risque de blanchiment  -  Dès l’année prochaine, les institutions devront proposer des contrats d’assurance-vie pour partie investis dans des projets bénéfiques au climat via des fonds dédiés  -  La Cour d’Appel de Paris a confirmé la condamnation de onze banques, par l’Autorité de la Concurrence, pour entente sur le tarif de traitement des chèques  -  Petit coup de frein pour les bourses de Paris et de Francfort qui perdent environ 1% chacune, contrairement aux indices anglais et américains qui gagnent aux alentours de 4% ce mois-ci

122 Rue de Vaugirard, 75 006 Paris 

Université Panthéon-Assas

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