Édition 2020/2021

février 2021

Une altseason durant le bull run des cryptomonnaies ?

Alors qu’en cette dernière semaine de février le Bitcoin a perdu près de 30%,

entrainant avec elle l’ensemble du marché dans sa chute. Cette incertitude quant à

la poursuite du bull run ou l’entrée dans un bearmarket a fait nourrir les soupçons

pour de nombreux investisseurs qu’une altseason n’aurait pas lieu durant ce bull

run.

 

Qu’est-ce qu’une altseason ?

Une altseason ou « saison des alts » est une période où les investisseurs délaissent

peu à peu le Bitcoin pour investir massivement dans les alts, c’est-à-dire dans les

cryptomonnaies autres que le Bitcoin.

Ce terme est apparu durant le bull run de 2017-2018 alors que le Bitcoin avait

traditionnellement une dominance à plus de 95%, de nouvelles cryptomonnaies

sont montées en puissance et la dominance du Bitcoin a chuté jusqu’à atteindre un

plus bas historique à près de 35% de la market cap totale des cryptomonnaies au

1er janvier 2018.

Cette dominance du Bitcoin est peu à peu remontée, atteignant 60-70% depuis

mi-2019, montrant ainsi que le Bitcoin a toujours un certain monopole.

 

Qu’est-ce qui rend une altseason attrayante ? 

En 2017-2018, la baisse drastique de la dominance du Bitcoin était dû à la

surperformance des alts dont les cours avaient augmenté de manière

exceptionnelle comme le XRP qui avait vu son cours être multiplié par 15 entre

décembre 2017 et 2018 (et par plus de 700 en moins d’un an). Les investisseurs

voient au travers des altcoins un moyen de faire beaucoup plus de profits que sur le

Bitcoin qui affichait certes des niveaux exceptionnels mais dont les variations à la

hausse ne rivalisaient pas avec les alts.

 

Sommes-nous en altseason actuellement ?

Etant donné qu’il n’existe aucun moyen officiel de l’affirmer, ce terme est soumis à

interprétation. Sur cette question les avis sont assez opposés :

-Certains crypto-investisseurs affirment que nous ne sommes pas encore en

altseason. Les 2 principaux arguments sont que le Bitcoin affiche toujours une

dominance supérieure à 60% du marché et que même si nombreuses sont les alts à avoir vu leur marketcap être multipliées de manière indécente, on est encore bien loin des niveaux affichés lors du précèdent bull run. Mais étant donné les niveaux de performances affichés par certaines alts, il apparait évident qu’en cas de baisse de la dominance du Bitcoin, les cours des alts pourraient s’enflammer à la hausse et donc que des niveaux de performances encore plus exceptionnels seraient à venir. De plus, l’altseason n’a eu lieu en 2017-2018 qu’après que le Bitcoin ait touché son ATH (= all time high, son plus haut historique pour l’époque) puis se soit stabilisé à un niveau inférieur. Or avant cette dernière semaine de février, le Bitcoin n’a fait qu’enchainer les nouveaux plus hauts historiques depuis l’annonce de Tesla de l’achat de 1,5 milliard de dollars de Bitcoin en janvier dernier.

-D’autres au contraire pensent que l’altseason a déjà eu lieu puisque l’on a pu voir quotidiennement des cours être multipliés par 2. Et que la correction qui s’opère cette semaine serait soit le prélude d’une nouvelle phase d’altseason étant donné que certaines alts ont vu leur cours être divisés par 2 cette semaine, elles pourront plus facilement augmenter. Les plus pessimistes, pensent que l’on se dirige vers un scénario à la janvier 2018 où les cours des cryptomonnaies se sont toutes effondrés et de manière plus marquée pour les alts dont certaines ont vu leur cours diminuer de 90% en quelques jours.

Seule l’avenir nous dira si nous sommes actuellement en altseason. Néanmoins, pour de nombreux investisseurs ce terme n’est qu’un mythe et ne signifierait pas grand-chose en soi.

Hausse du cours des matières premières : la crainte d’un retour de l’inflation

Les craintes sur un possible retour d’une inflation non maitrisée animent

les médias depuis quelques semaines. Les raisons de ces craintes

s’expliquent d’une part en raison de l’important plan de relance de Joe

Biden à hauteur de 1 900 milliards de dollars. Jugé trop élevé par beaucoup

, ce plan de relance pourrait surchauffer l’économie américaine entrainant

dès lors une forte inflation. Une autre raison qui explique cette crainte

d’inflation est la flambée inquiétante des cours de matières premières

observé depuis le second semestre 2020.

 

En effet, les cours en bourse des matières premières ont enregistré de

fortes hausses et plus particulièrement ceux des métaux. On y retrouve le

cours du cuivre qui a augmenté de 30% en dix mois, ou encore celui de

l’aluminium qui lui a augmenté de 22%. Les matières premières agricoles

ne sont pas non plus épargnées, le cours du blé a par exemple augmenté

de près de 37% sur un an, celui du maïs de plus de 30% également, allant

même jusqu’à 50% pour l’huile de tournesol.

Ces hausses s’expliquent par la reprise économique et donc le retour à la production au second semestre 2020. Les confinements ont contraint les entreprises à produire moins, et donc, à davantage puiser dans leurs stocks. Mais l’épuisement des stocks, accompagné par la reprise économique et le retour à la production ont entrainé une forte demande en matières premières, ce qui a donc contribué directement à la hausse importante des prix observée. Cette demande de matières premières a été particulièrement forte notamment avec la reprise économique du marché asiatique et de la Chine. La spéculation semblerait aussi être un facteur amplificateur de cette évolution à la hausse, bien qu’il n’en soit pas à l’origine.

Cette flambée des prix suscite évidement l’inquiétude, et notamment celle des industriels. Les prix élevés des matières premières pourraient entrainer des biens manufacturés plus chères et donc se répercuter directement sur les consommateurs. Mais elles se répercuteraient aussi sur les producteurs. En effet, l’augmentation des prix des matières premières, en entrainant une hausse des prix des produits manufacturés, rendrait la tâche plus difficile aux entreprises d’écouler leurs productions car il y aurait alors moins de demande chez les consommateurs, demande déjà réduite en raison de la situation sanitaire. Une hausse des prix réduirait d’autant plus cette demande à mesure que les prix s’élèvent, entrainant alors des prix encore plus élevés de la part des producteurs, donnant lieu à nouveau à une baisse de la demande de consommation de produits manufacturés. Roger Briand, président du Syndicat français de la construction métallique (SCMF) déclarait d’ailleurs « Une augmentation de 30% de ce prix d’achat cela représente une augmentation de 9% de notre prix de revient » soulignant ainsi l’impact de cette hausse des cours de matières premières avant d’annoncer que les constructeurs ne pouvaient pas répercuter cette hausse.  Reste à savoir si ces cours ne sont que temporaires et indolores, ou s’ils sont amenés à perdurer et se ressentir dans les mois à venir.

Pourquoi est-ce-que Jeff Bezos quitte son poste de PDG d’Amazon ?

Il y a près de 30 ans, sous l’idée de profiter des débuts d’Internet, Amazon fut créé par Jeff Bezos dans son garage. Aujourd’hui, leader mondial du commerce, Amazon figure parmi les plus grandes capitalisations boursières au monde. 

 

Mardi 2 février, alors que les analystes s’attendaient à ce qu’Amazon publie de nouveaux résultats trimestriels - rappelons que la pandémie du Covid-19 a provoqué une augmentation des achats en ligne et de ce fait, a placé Amazon parmi les grands gagnants de la crise avec une augmentation de près de 40% de son chiffre d’affaires annuel par rapport à 2019 -, Jeff Bezos a décidé de quitter son poste de PDG pour devenir président du conseil d’administration d’Amazon. Dans une lettre au personnel d’Amazon, il a déclaré « Être le PDG d'Amazon est une responsabilité profonde, et cela consomme. Quand vous avez une telle responsabilité, il est difficile de mettre l'accent sur autre chose ». Jeff Bezos souhaite se concentrer sur ses autres activités telles que le Day 1 Fund, le Bezos Earth Fund, Blue Origin, et le Washington Post. Ainsi, Andy Jassy, homme de confiance de Jeff Bezos et, actuellement patron de l’activité hébergement cloud d’Amazon  - l’activité la plus profitable d’Amazon -, lui succédera en tant que PDG d’Amazon à partir du troisième trimestre 2021. 

 

Quelles sont ces activités sur lesquelles Jeff Bezos va se consacrer ?

  • Le Day 1 Fund : un fonds destiné à développer des zones prioritaires d’éducation et à aider des familles en situation précaire ;

  • Le Bezos Earth Fund : un fonds destiné à lutter contre les effets du changement climatique, dans lequel il a injecté 10 milliards de dollars ;

  • Blue Origin : une société d’exploration spatiale qu’il a créée ;

  • Le Washington Post : un quotidien américain qu’il a racheté en 2013 pour environ 250 millions de dollars.

Elon Musk un manipulateur de cours.

I

Depuis l’introduction en bourse de Tesla sa capitalisation a continué d’augmenter sans gros mouvement jusqu’au début de l’année 2020 où les prix sont montés pratiquement sans marquer d’arrêt pour multiplié par 8 l’action.

L’entreprise n’affichait pourtant pas des résultats très encourageants et c’est ainsi

que de nombreux vendeurs à découvert s’étaient positionnés sur son entreprise.

Les pertes des vendeurs à découvert sont plus élevées que celles des compagnies

aériennes en raison de la covid-19 pour le plus grand plaisir d’Elon Musk qui

n’apprécie guère les critiques à l’égard de Tesla. L’envolé des prix n’est pourtant pas anodine puisqu’Elon Musk en est à l’origine avec des tweets qui auraient ravi plus d’un investisseur mentionnant un accord de privatisation. Une enquête par la SEC (Securities and Exchange Commission) a été ouverte et les tweets d’Elon Musk sont maintenant surveillés.

Elon Musk a compris que son influence était un atout majeur sur les marchés. Pour éviter tout problème il décide d’aller sur un marché en dehors des juridictions de la SEC. Ainsi à plusieurs reprises Elon Musk a tweeté par rapport au Dogecoin. Une cryptomonnaie qui a pour utilité… d’être un meme ! Cette dernière ne repose sur aucun projet mais de nombreux acheteurs se sont rués sur cette valeur après les tweets d’Elon Musk. A chaque tweet ce dernier monte d’environ 20% par rapport à son cours dans les minutes qui suivent mais depuis maintenant quelques jours son influence lors d’un tweet est un peu plus faible car les débutants n’ont plus de liquidités à réinjecter et les investisseurs aguerris savent qu’il faut rester loin d’une cryptomonnaie sans projet. Selon diverses rumeurs, la SEC aurait vu les tweets d’Elon Musk et ferait donc l’objet d’une nouvelle enquête. Il n’a cependant pas d’inquiétudes à avoir.

Le 29 janvier 2021, il s’attaque à la plus grande capitalisation du marché des cryptomonnaies : le Bitcoin. Il change sa biographie par « Bitcoin » et le cours s’envole. Ce seul changement provoquera une hausse de 18% en l’espace d’une heure. Cette montée est impressionnante pour un actif de cette ampleur qui peu de jours après a atteint le trilliard de dollars de capitalisation.

Certains se sont alors demandés si Elon Musk ne voyait ça que comme un jeu ou si au contraire il voyait un avenir dans les cryptomonnaies. Le milliardaire a toujours fait les choses à sa manière et de nombreux investisseurs attendaient une véritable nouvelle d’Elon Musk sur ce marché. Le 8 février 2021 c’est chose faite ! Tesla annonce dans un communiqué avoir acheté en janvier pour 1,5 milliards de dollars en bitcoins. Cette annonce a permis de réaliser une des plus grosses montées en dollar dans la journée pour le bitcoin avec une montée de 6000$. De nouvelles entreprises ont ainsi fait suite à cet engouement en investissant également. Tesla aurait produit un profit latent depuis le début de l’année de plus de 700 millions de dollars.

Sélim Friez