Édition 2021/2022

Février 2022

Porsche s’apprête à faire son entrée en bourse

Volkswagen, en concluant un accord avec le holding familiale Porsche SE, s’apprête à lancer Porsche en bourse afin de financer sa poussé vers les véhicules électriques.

 

Rappelons que le constructeur de voiture de luxe Porsche AG est détenue à 100% par Volkswagen et son actionnaire principal est le holding Porsche SE qui est contrôlée par la famille Porsche-Piëch.

 

Le groupe avait planifié d’investir des dizaines de milliards d’euro pour sa transition énergétique en développant de nouveaux moteurs, ses batteries, sa nouvelle technologie de carburant « synthétique » et donc concurrencer des jeunes marques telles que Polestar, certains concurrents chinois ainsi que le géant Tesla. Il compte vendre 50% de véhicules électriques d’ici 2030.

 

"Le secteur automobile est en train de changer fondamentalement. Volkswagen est déterminé à jouer un rôle de premier plan dans un monde de mobilité zéro émission et autonome", a déclaré le président du directoire de Volkswagen, Herbert Diess.

 

"Une introduction en Bourse de Porsche AG nous assurerait une flexibilité supplémentaire pour accélérer encore la transformation. Porsche AG bénéficierait d'une liberté entrepreneuriale accrue tout en continuant de bénéficier des synergies du groupe".

 

Selon Bloomberg Intelligence, le constructeur de luxe pourrait être valorisé entre 60 milliards et 85 milliards d’euros. Ainsi, cela donnerait un véritable coup de pouce à la valorisation boursière de la maison-mère et la rapprocherait de la valeur boursière de Tesla. En effet, la capitalisation boursière de Volkswagen atteint les environs des 112 milliards d’euros, ce qui est minime comparé à la capitalisation stratosphérique de Tesla s’établissant à plus de 885 millions de dollars.

 

Par ailleurs, suite à l’annonce de l’accord préméditant le projet d’IPO, le cours des titres de Porsche ont augmenté de 10.2% et ceux de Volkswagen ont bondit de 15.2%.

 

En outre, le capital de Porsche SE sera divisé à parts égales entre actions ordinaires, bénéficiant d’un droit de vote et actions de préférences, ne bénéficiant pas de droit de vote mais un avantage sur les dividendes. Ce sont ces dernières qui seront cotées en bourse contrairement aux actions ordinaires qui seront aux mains de Volkswagen et Porsche SE. En effet, au plus 25% des actions de préférence seront misent en place sur le marché. Ainsi, le flottant de Porsche AG pourrait atteindre jusqu’à 12.5% de son capital total.

 

Volkswagen a également annoncé que ses actionnaires actuels recevront 49% du produit brut du placement des actions Porsche AG.   

Le rachat d'ARM par Nvidia est abandonné

Le 8 février, la nouvelle est tombée : l’accord de rachat de Arm par Nvidia à SoftBank a été abandonné. Cette transaction aurait dû être la plus importante dans le secteur des semi-conducteurs avec une estimation à 66 milliards de dollars. Comment en est-on arrivé à cette situation et quelles sont les conséquences pour les différents acteurs ?

 

Le groupe japonais avait acheté 100 % de Arm, entreprise britannique spécialisée dans les microprocesseurs, en 2016 pour 32 milliards de dollars et envisageait de l’introduire en bourse. Un accord de rachat par Nvidia, groupe américain, avait finalement été conclu en septembre 2020 et valorisait Arm à 40 milliards de dollars. Cette annonce avait fortement déstabilisé le secteur pour plusieurs raisons.

Premièrement, Arm s’occupe de concevoir des processeurs qui sont par la suite utilisés par de nombreux fabricants de smartphones et autres produits électroniques, comme Apple ou Microsoft. Ces derniers dépendent ainsi énormément du groupe britannique et de ses puces. S’il eut passé sous le contrôle de Nvidia, également un client de Arm, cela aurait pu poser des problèmes de concurrence. La principale crainte étant une restriction d’accès à certaines technologies aux constructeurs autres que Nvidia. C’est pour cette raison que les autorités de la concurrence aux États-Unis et en Europe ont lancé des enquêtes approfondies.

Ensuite, le secteur des semi-conducteurs, de par leur nécessité dans la fabrication des composants électroniques dont l’utilisation ne cesse de croître, est devenu un enjeu stratégique majeur. Pour le Royaume-Uni, Arm est ainsi un atout national de taille et une cession à un groupe américain poserait des problèmes de sécurité nationale.

C’est finalement à cause de l’ampleur de ces entraves réglementaires que l’opération a été abandonnée.

 

Pour SoftBank, cela représente un grand manque à gagner. Une partie de la transaction aurait dû être en actions Nvidia, dont le prix a fortement augmenté ces derniers mois. C’est la raison pour laquelle le deal est passé de 40 à 66 milliards de dollars. En guise de maigre consolation, Nvidia devra payer 1,25 milliards de dollars de dédommagement pour avoir rompu le contrat. Le groupe japonais devrait très prochainement introduire Arm en bourse mais la place de cotation n’est pas évidente. D’un côté New York semble être la plus propice à une levée de fonds importante. De l’autre, le gouvernement britannique souhaite Londres pour des raisons de souveraineté.

Si pour le secteur des semi-conducteurs, la plus grande acquisition a échoué, la plus grande IPO pourrait bien très vite arriver.

Hector Lorand

Warren Buffett délivre sa fameuse lettre annuelle aux actionnaires de Berkshire Hathaway

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Le samedi 26 février, Warren Buffett a envoyé sa fameuse lettre aux actionnaires de Berkshire Hathaway (BH) commentant les résultats, les stratégies d’investissement etc… de l’année 2021. Berkshire Hathaway est un conglomérat d’entreprise dirigé par Warren Buffett et Charlie Monger.

Warren Buffett y parle notamment de « Quatres géants ». Ces géants sont celui les piliers du modèle économique de BH.  Le premier géant est l’ensemble des sociétés d’assurance que BH possède.

- Berkshire Hathaway possède maintenant 5.55% d’Apple alors qu’il n’en possédait que 5.39% en 2021. Pourtant, Buffett dit que cette augmentation d’actifs n’est pas due à un rachat mais à la stratégie de Tim Cook qui a décidé de racheter des actions Apple. En effet, ces titres rachetés sont détruits, ce qui fait diminuer la masse d’actions et ainsi augmenter l’importance des titres restants.

- BNSF Railway est une compagnie de transport ferroviaire dont 77.4 % appartient au conglomérat. Cette société a généré 6 milliards en 2021, Buffett précise que c’est un résultat net où ont été retirés toutes sortes de compensations tels que des amortissements, des intérêts etc. Ils ont transporté en 2021, 535 millions de tonnes de marchandises.

- Berkshire Hathaway Energy (BHE) est une société qui appartient à 91.1% à Berkshire Hathaway. Celle-ci est spécialisé dans les énergies renouvelables exclusivement la solaire, l’éolienne et la distribution de l’électricité. Elle a réalisé en 2021 un profit net de 4 milliards de dollars alors qu’elle ne touchait que 122 millions en 2000 (année où Berkshire Hathaway en a acheté une partie). Buffett la félicite et affirme que la production d’énergies renouvelables et sa distribution est une stratégie érigée depuis 2007 contrairement aux sociétés modernes utilisant le « green-washing ».

Dans une partie de sa lettre, Buffett parle de sa décision de racheter des actions BH. En effet, durant l’année dernière, BH a acheté pour 27milliards de dollars de sa propre action. Il s’explique en disant qu’il y a trois moyens d’augmenter la valeur de l’investissement des actionnaires :

  • La première est simplement d’augmenter la profitabilité de BH sur le long-terme. Pour cela, on peut soit augmenter la taille de l’organisation en inter soit en acquérant de nouvelles entreprises. Augmenter la taille de l’organisation est plus rentable mais est moins accessible selon lui.

  • On peut aussi acheter des actions de compagnies publiques, cependant, peu ont de l’intérêt à ses yeux.

 

La dernière manière est donc de racheter ses propres actions. Warren Buffett dit que cela donne une plus grande partie de BH aux actionnaires effectivement, cela fait 2 ans qu’il en rachète (à peu près 9% de l’entreprise soit un total de 51.7 milliards de dollars), ce qui a donné 10% de plus de BH aux actionnaires qu’avant. Toutefois, Buffett précise qu’il n’achète qu’au prix estimé juste. Il ajoute que ces rachats sont limités étant donné les investisseurs du conglomérat. Ceux-ci sont dotés d’une vision long-terme et ne sont pas des spéculateurs de court-terme qui ferait augmenter la volatilité et donc les opportunités de rachat.

Rémi Schmitt

Édition spéciale : Conflit russo-ukrainien

Crypto-actifs et conflit ukrainien : quels rôles pourraient-ils jouer ?

Depuis le début de la guerre en Ukraine, et alors que les sanctions économiques et financières se durcissent à l’encontre de la Russie, un nouvel arsenal pourrait jouer un rôle significatif et ceux pour la première fois dans un conflit armé : les crypto-actifs.

 

En effet, ils sont apparus comme une alternative face aux différentes conséquences de cette guerre. Pour la Russie tout d’abord, le rouble connaît une importante chute (environ 30% face au dollar) liée au conflit et aux sanctions décidés conjointement par les pays occidentaux, la hausse taux directeurs de 9,5% à 20% n’ayant pour l’instant pas eu l’effet escompté. Face à cette dépréciation, le bitcoin est notamment apparu comme une “valeur refuge” dans un pays où son usage était déjà nettement développé. C’est également le cas pour les “stablecoins” dont la volatilité des cours est moins significative que pour des crypto-actifs comme le bitcoin. Par ailleurs, il s’agit d’un outil en vue de contourner les sanctions et l’éviction de plusieurs banques russes du système SWIFT. Néanmoins, les cypto-actifs et la blockchain ne sauraient remplacer sur le long terme un tel système, les échanges de matières premières et d’énergies étant liés à des transactions aux volumes et montants conséquents.

 

Pour l’Ukraine, leurs usages devraient permettre de financer en partie la guerre et le soutien humanitaire. L’Etat ukrainien aurait ainsi récolté près de 60 millions de dollars par ce moyen après un appel au don du gouvernement. Les NFT (Non-Fungible Token) deviennent également essentielles en vue de favoriser le financement du conflit et pour aider les populations en difficulté. Ce fut le cas avec la vente d’un NFT du drapeau ukrainien par un organisme, Ukraine DAO, qui aura levé 6 millions de dollars.

 

Le nouvel emploi des crypto-monnaies pendant cette guerre donne lieu à une volonté de régulation par les différentes parties prenantes. Le gouvernement ukrainien a ainsi demandé à des plateformes comme Binance d'empêcher les opérations et transactions provenant de Russie, demande rejetée. La neutralité des crypto-actifs et leurs fonctionnements décentralisés limiteraient de toute manière l’impact que pourraient avoir ces actions.

Les banques françaises à l’épreuve de la guerre en Ukraine

Une volonté première de soutien à la population 

En cette fin février 2022, l’optimisme était de retour sur les marchés financiers et les annonces de records de bénéfices sur l’exercice de 2021 tombé au rythme des publications de résultats. A l’image de BNP paribas et son bénéfice record de 9,5 milliards d’euros, record que qualifie le directeur général, Jean-Laurent Bonnafé, de « très bonne performance ». Le Crédit agricole ainsi que la Société General ont connu le même sort avec une hausse record des bénéfices.  

Mais à peine ce vent d’optimisme se lève que l’orage reprend, l’Ukraine s’embrase dans la guerre.

Les deux banques françaises les plus touchées sont la BNP et le crédit agricole. En effet, la première détient UkrSibbank, qui est détenu à 60%. Ces deux banques représentent 7000 salariés en Ukraine. Les deux banques ont une politique relativement similaire dans l’approche de ce conflit.

La première mesure a été la mise en sécurité du personnel avec un fort exode vers les filiales polonaises.

Les banques françaises ont mis un point d’honneur à aider au maximum la population locale. Cela passe par la conservation de certains guichets dans les plus grandes villes afin que la population puisse avoir des liquidités puis la mise en place de fort assouplissement comme des reports d’échéance, suppression des frais et pénalité en cas de retard de paiement.

 

Le fort impact des sanctions internationales sur les filiales russes des banques françaises

La nuit du samedi au dimanche 26 février a été le théâtre de nouvelles sanctions historiques envers la Russie. L’exclusion des certaines banques du réseau SWIFT qui fournit un réseau sécurisé permettant à plus de 10 000 institutions financières dans 212 pays différents à envoyer et recevoir des informations sur les transactions financières effectuées entre elles.

Mais ce conflit pourrait être encore plus préjudiciable pour certaines banques. En effet, la Société Général est très implantée en Russie par sa filiale Rosbank qui représente près de 2% du résultat net du groupe. Les impactes ont été très rapidement observable avec le cours de Société Générale dévissant de près de 11 % une semaine après l’ouverture du conflit, et de plus de 22 % en un mois.

Pour remédier à cette situation, la Société Général pourrait selon certains investisseurs « faire un 'write off' complet ou partiel de leur actif dans leurs comptes » c'est à dire ramener à zéro la valorisation de la Rosbank.

Mais les sanctions internationales ne sont pas les seules menaces qui pèsent sur les banques françaises, en effet, on peut facilement imaginer que la Russie va mettre en place des mesures, certains comme Jérome Legras, directeur chez Axiom, estime que « Cela pourrait susciter des représailles de la part des autorités russes, par exemple sous forme de nationalisation des filiales russes des banques européennes ».

 

C’est ce qui s’est déroulé le vendredi 4 mars avec l’adoption à la douma d’un « paquet de lois anti-sanctions qui permettent selon le porte-parole du gouvernement russe de « accroître la stabilité de l'économie russe ainsi qu'à protéger les citoyens face aux sanctions", cela se concrétise par exemple par l’amnistie sur les capitaux étrangers qui permet aux Russes de rapatrier des biens et capitaux sans risque de poursuite. Les lois anti-sanctions donnent aussi par exemple la possibilité au gouvernement d'augmenter les retraites et le salaire minimum, "si nécessaire".

 

Le système bancaire français et européen ne semble pas pour autant en grand danger, en effet le président du conseil de surveillance de la Banque centrale européenne (BCE), Andrea Enria, se voulait déjà rassurant le 10 février, peu avant l’invasion de l’Ukraine par les troupes russes, que l’impact d’un conflit aux vues des intérêts européen rester « globalement contenues », n’étaient « pas une cause majeure de préoccupation ».

A voir si cela se vérifie dans le temps et comment va réagir l’économie sous la menace d’une guerre longue qui serait propice à une stagflation...

L’impact de la coupure du système international de paiement SWIFT en Russie sur ses exportations de matières premières

Suite à l’invasion du territoire ukrainien par les forces armées de Moscou et des sanctions afférentes : les Etats-Unis, l'Union européenne, le Royaume-Uni et le Japon ont annoncé ce samedi matin qu'ils allaient couper l'accès d'une partie des banques russes au système international de paiement SWIFT. Mais quel va être réellement l’impact de cette coupure sur l’exportation des matières premières du plus grand pays du monde ?

Une sanction inédite pour un impact étouffant

Tout d’abord, il convient de rappeler brièvement ce qu’est la SWIFT. C’est l’acronyme pour "Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication" (Société de télécommunications financières interbancaires mondiales en français). C’est donc une sorte de messagerie sécurisée qui facilite, amplifie et accélère les paiements transfrontaliers afin de fluidifier les échanges internationaux.

 

Son rôle est essentiel en ce qu’elle est le vecteur pour le transfert de plusieurs milliers de milliards de dollars chaque année et représente depuis plusieurs années le principal rouage du financement du commerce international.

Ces sanctions prévoient ainsi de priver la banque centrale russe (BCR) d'une partie de ses importantes réserves internationales de devises même si certaines exemptions pourraient s'appliquer à l'énergie au vu de la dépendance de certains Etats européens au gaz russe. On pense ici en premier lieu à l’Allemagne mais aussi à l’Italie.

Cependant, Amrita Sen, d’Energy Aspects rappelle que "même si on essaie d'exempter les transactions énergétiques, SWIFT peut encore perturber fortement les flux commerciaux d'énergie à court terme, au moins le temps que les acheteurs basculent sur des systèmes alternatifs, comme Telex ou d'autres".

La Russie produit en effet 10% du pétrole consommé dans le monde et fournit parallèlement 40% du gaz utilisé en Europe. Elle est aussi le premier exportateur mondial de céréales et d'engrais, le premier producteur de nickel et de palladium, le troisième exportateur de charbon et d'acier et le cinquième exportateur de bois.

L'exclusion du système SWIFT de la onzième économie mondiale (qui fournit le sixième de l'ensemble des matières premières de la planète) qui se profile est donc sans précédent depuis le début de la mondialisation des échanges.

Des alternatives limitées pour la Russie malgré l’opportunité chinoise

Suite aux sanctions annoncées, il est clair que les flux de matières premières russes vers l'Occident vont être fortement perturbés voire totalement interrompus pendant plusieurs jours, sinon plusieurs semaines, le temps de mettre au clair les éventuelles exemptions.

 

De plus, il est intéressant de voir que certains traders expliquent que des banques russes, comme Sourgoutneftegas Bank, ne figurent pour l'instant pas sur la liste des sanctions et pourraient donc continuer de traiter des transactions en dollars mais ajoutent qu'il faudra du temps pour que ces changements soient effectifs.

Un haut responsable d'un important négociant en pétrole occidental nous rappelle que "beaucoup d'entreprises vont considérer que le pétrole russe est sanctionné et qu'elles n'y toucheront pas, même si c'est autorisé".

Malgré tout, les flux d'énergie et de matières premières russes vers l'Asie, et particulièrement la Chine, devraient en revanche se poursuivre.

 

La Chine et la Russie de Vladimir Poutine ont en effet développé des circuits alternatifs à SWIFT, Pékin encourageant le recours à son propre système, CIPS (système de paiement interbancaire transfrontalier) et Moscou disposant de sa propre messagerie interbancaire, SPFS.

 

Malgré le fait que des responsables russes ont déclaré que leur pays pouvait dérouter ses exportations vers la Chine dans le cas où les flux vers les pays occidentaux seraient perturbés. Il convient d’aborder prudemment ce scénario en ce qu'une telle déviation ne pourrait pas fonctionner pour le gaz et que la capacité de Pékin à prendre livraison de volumes supplémentaires de pétrole est limitée.

 

Cette sanction mise en place par les « gros poissons » de l’OTAN (selon l’expression consacrée par Hubert Védrine), va mettre à mal les exportations de matières premières russes.

Les prochains mois seront à ce titre décisif pour la Russie afin de conserver la manne financière émanant de ces lucratives richesses exportées.