Édition 2019/2020

Février 2020

Les avancées du débat sur les retraites

 

Edouard Philippe a annoncé lors d’une déclaration samedi après-midi à l’Assemblée que le Conseil des ministres l’avait autorisé à recourir à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution.

Le Premier ministre a en effet promis d'intégrer le fruit des travaux des députés, qui ont siégé non-stop, week-ends compris, et des discussions avec les partenaires sociaux sur la pénibilité, l'emploi des seniors, les transitions.

Premier effet du recours au 49.3 : la fin des débats à l'Assemblée nationale.

Après 13 jours de travail parlementaire et huit articles examinés, le Premier ministre a coupé court aux débats des députés sur les milliers d'amendements déposés. Un nouveau texte, incluant certaines modifications apportées au projet de loi initial va rapidement être présenté.

De plus, l'opposition de gauche a annoncé d'emblée son intention de déposer une motion de censure du gouvernement, qui n'a toutefois aucune chance d'être adoptée. « On est passé en force par-dessus la volonté des Français (… ) on est passé en force par-dessus l'avis du Conseil d'Etat, on est passé en force par-dessus les syndicats et maintenant il s'agit de passer en force par-dessus l'Assemblée », a ensuite dénoncé dans les couloirs de l'Assemblée l'insoumis François Ruffin, très remonté durant la déclaration du Premier ministre.

 

La droite a, elle, déjà déposé une motion de censure, mais pas commune avec la gauche. Le président de LR, Christian Jacob, a pointé « une nouvelle preuve de faiblesse de la part du Premier ministre ». Les motions de censure seront discutées mardi après-midi après les questions d'actualité au gouvernement.

Nicolas ARNOUX

Les prémices d'une bulle technologique  

Les conséquences des taux d’intérêt très bas poussent les investisseurs à chercher du rendement là où il y en a. La semaine dernière la FED a reconnu que sa politique monétaire de taux ultra bas avait créée des risques de déstabilisation des marchés financiers tels que des valorisations élevées des actions, de la dette des entreprises et des prêts immobiliers. 

La valeur des actions des cinq plus grandes entreprises technologiques américaines a connu une hausse fulgurante au cours des 12 derniers mois, avec une augmentation de 52%. Les géants Apple, Microsoft, Amazon et Alphabet (Google) sont chacun valorisés à plus de 1.000 milliards de dollars, quant à 600 milliards pour Facebook.L'augmentation de la valeur combinée de ces entreprises, de près de 2 000 milliards de dollars, est quasiment équivalente à la totalité du marché boursier allemand. La capitalisation boursière d’Apple et de Microsoft valent ensemble comme toute la bourse de Paris.

 

Il y a une frénésie autour des valeurs technologiques, leur ascension est exponentielle. En pleine épidémie de coronavirus, ChiNext - l'indice sur lequel sont cotées les actions des principales entreprises technologiques chinoises - a gagné 25% depuis le début de l'année.

 

Certains stratégistes sont persuadés que l’exubérance irrationnelle est de retour en bourse. 

Pour appuyer leurs propos ils mettent en avant l’emballement autour des actions du constructeur de voitures électriques Tesla dont la valeur est passée de 230$ en septembre 2019 à 944$ le 19 Février, de même pour l’entreprise de Richard Branson dédiée aux voyages dans l’espace introduit en bourse en octobre dont le cours de bourse a été multiplié par cinq en moins de trois mois.

 

Pour des fund managers de Boston, Londres, Singapour rien ne peut stopper les firmes technologiques telles que les « MAGA » laissant entendre que leurs bénéfices vont environ doubler au cours de la prochaine décennie. Ensemble, les cinq plus grandes entreprises technologiques américaines ont dégagé 178 milliards de dollars de cashflow après avoir investi au cours des 12 derniers mois. Leur taille n'a pas encore ralenti leur expansion.

 

Sachant que les cycles technologiques font partie intégrante de l'économie moderne, la question d’une bulle technologique reste raisonnable. 

Alban SARFATI 
Impact du coronavirus 

Alors que le nombre de patients atteints du coronavirus ne cesse d’augmenter en France et partout dans le monde, le virus semble avoir de nombreuses conséquences inattendues. Dans une période où l’économie mondiale fonctionne déjà au ralenti, le coronavirus n’est pas une bonne nouvelle.

En Asie, principal moteur de la croissance mondiale, les conséquences économiques du virus se font ressentir. D’après le cabinet Oxford Economics la croissance de la Chine pourrait être impactée de manière importante mais sur une courte durée (dans l’hypothèse où l’épidémie ralentit). La mise en quarantaine de millions de personnes ralentit forcément la consommation intérieure, mais ce n’est pas le seul secteur atteint. Au niveau international c’est le transport aérien et plus généralement le tourisme qui souffrent. Plusieurs grandes compagnies aériennes ont déjà annulé leurs vols vers la Chine et certaines villes d’Italie. En conséquence AirFrance et d’autres ont récemment annoncé un gel des embauches pour compenser les pertes générées par le virus. Dans le cas où la situation perdurerait dans le temps, cela pourrait avoir des conséquences au niveau mondial. Le tourisme a déjà souffert de l’annulation du nouvel an Chinois, mais ce n’est qu’un début. Actuellement en basse période, les conséquences pourraient être dramatiques si le problème n’est pas résolu avant l’été. Des mesures ont déjà été prises en Italie où le carnaval de Venise a dû être écourté, la Suisse a récemment suspendu tous les évènements publics et privés comptant plus de 1000 participants (Salon de l’automobile, matchs de foot …)… De son côté le gouvernement français a lui interdit les évènements de plus de 5000 personnes. On voit également divers phénomènes apparaître tels que les ruptures de stocks de masques médicaux, l’apparition d’une crypto-monnaie « CoronaCoin » qui prend de la valeur lorsque le nombre de victimes augmente … Seul point positif, depuis le début de l‘épidémie et la mise à l’arrêt de nombreuses villes Chinoises, la qualité de l’air du pays c’est nettement améliorée.

 

Antoine BRIEND 

Plus de 100 000 suppressions d’emploi bancaire en 2020

HSBC prévoit de licencier plus de 10 000 personnes par an jusqu’en 2023. L’institution financière basée au Royaume-Uni se lance dans une nouvelle campagne de réduction des coûts, décidée par le nouveau directeur général par intérim, Noel Quinn, qui cherche à s’imposer. 

Les suppressions d’emploi affecteraient principalement les postes bien rémunérés notamment aux Etats-Unis et en Europe, là où les rendements sont en retard par rapport à sa division asiatique, ce qui réduiraient sa main-d'œuvre mondiale de 4%. Ces pertes d'emplois viendraient s'ajouter aux 4 700 annoncés qui ont eu lieux au début Août 2019. HSBC se situe dans un environnement mondial difficile lié aux baisses des taux d'intérêt aux États-Unis, à la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, aux Brexit et à l’instabilité politique et sociale à Hong Kong.

La baisse de personnel marquerait le premier bouleversement majeur sous le patron par intérim, Noel Quinn, qui a succédé du PDG, John Flint, en Août. Flint aurait quitté HSBC au milieu des tensions avec son nouveau président, Mark Tucker, après avoir omis de prendre des mesures sur les décisions difficiles du prêteur concernant les réductions des coûts et les suppressions d’emploi. 

La réduction des coûts reflète les mesures prises par d'autres banques qui luttent contre l’environnement financier compliqué et incertain. Ainsi, les banques d'investissement souffrent également de la concurrence croissante du trading automatisé, tandis que l'augmentation des exigences de fonds propres qui devrait entrer en vigueur en 2022 rendrait le trading moins rentable pour un certain nombre d'acteurs financier.

La Deutsche Bank a annoncé 18 000 suppressions d'emplois, soit un cinquième de ses effectifs mondiaux, et a enregistré sa plus forte perte trimestrielle en quatre ans en juillet. La Société générale licencie 2 100 personnes. Barclays a déjà supprimé 3 000 emplois au cours du premier semestre de cette année.

On ne sait pas encore où les suppressions d’emplois tomberaient. Cependant, les réductions de personnel de HSBC pourraient être officiellement annoncées lorsque HSBC publiera ses résultats du troisième trimestre à la fin de ce mois.

Alex MORGAN 

122 Rue de Vaugirard, 75 006 Paris 

Université Panthéon-Assas

contact.assasfinance@gmail.com

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