Édition 2017-2018

Janvier 2018

Quel avenir pour la zone euro ?  -  Donald Trump, toujours sur le devant de la scène  -  Qu'est-ce que le Ripple, la cryptomonnaie dont la croissance a été supérieure à toutes les autres cryptos en 2017 ?  -  Entrée en vigueur de MIFID II  -  Les liens de plus en plus forts entre la France et la Chine  -  Accord de coalition allemande

CAC 40 depuis 2008

Citation du mois : Clement Fuest (Président de l'institut IFO allemand) : 

" Les règles de Maastricht ont fait leur temps "

La zone euro vers un renouveau ?

14 économistes français et allemands font six propositions pour réformer l’avenir de la zone euro.

Le 17 janvier dernier, un consortium d’économistes franco-allemand a publié une liste de propositions pour accélérer le processus de convergence des états de l’Union Européenne. En particulier, ils jugent nécessaire la réconciliation du couple France-Allemagne sur le plan économique. L’accent a également été mis sur les bases d’une restructuration ordonnée des dettes souveraines, qui devrait remplacer les plans de sauvetage interminables de certains pays d’Europe du Sud. Enfin, l’un des grands objectifs de ce texte est de finaliser la conception d’une future Union Bancaire ; union primordiale pour que les pays de l’UE puissent un jour former une zone monétaire optimale. 

Les aventures de Donald Trump

Malgré le passage à une nouvelle année accompagnée de nouvelles résolutions, s’il y a une chose qui n’a pas changé en 2018, c’est l’omniprésence de Donald Trump dans les médias.

En ce début d’année, il a d’abord annoncé vouloir doper l’exploitation pétrolière de son pays en autorisant les forages sur 90% des côtes américaines (contre 6% sous la présidence d’Obama).

Il a également bloqué une tentative de rachat de Moneygram (entreprise de paiements électroniques américaine) par le Chinois Alibaba. La principale raison de ce torpillage serait la protection des données des américains. Cela représente un vrai revers pour Jack MA, fondateur d’Alibaba, qui avait promis l’an passé à Donald Trump la création d’un million d’emplois aux Etats-Unis.

Le Président américain a également menacé de poursuivre en justice son ancien conseiller Steve Bannon après la publication d’un livre dans lequel il critique grossièrement Donald Trump et accuse son fils d’avoir rencontré une avocate russe pendant la campagne. Ces propos sont d’autant plus importants qu’une enquête est en cours pour déterminer s’il y a eu une entente entre la Russie et l’équipe de campagne Trump pendant les élections.

Enfin, en fin de mois, le numéro 2 du FBI Andrew McCabe, critiqué depuis plusieurs mois par Trump qui l’accuse d’être proche des démocrates, a fini par présenter sa démission.

MIFID II

Onze ans après le premier Mifid (Market In Financial Instrument Directive), une nouvelle directive européenne de régulation des marchés financiers, connue sous le nom de Mifid II, est entrée en vigueur le 03 janvier 2018.

Mifid II est un dispositif permettant de protéger davantage les investisseurs et d’assurer une transparence supplémentaire et ce, pour tous les actifs financiers. En effet, à la différence de Mifid qui ne se consacrait qu’aux actions, le Mifid 2 souhaite élargir la régulation sur les obligations, les ETF (Exchange-traded funds) et le Forex (Foreign Exchange market).

L’un des principaux buts de Mifid II est de réduire le nombre de contrats réalisés sur des marchés de gré à gré qui sont peu ou pas régulés, avec pour objectif, la transparence des activités financières. Un autre aspect important de la législation concerne le changement de mode de facturation des analyses financières, ce qui doit, en principe, mettre fin au problème récurrent de conflits d’intérêts qui biaisaient ces analyses.

Plusieurs journaux présentent Mifid II comme étant « la réforme la plus importante depuis la crise financière ». La directive va affecter une grande part des acteurs de la finance ; parmi eux les banques, les fonds d’investissements, les sociétés de gestion d’actifs, les traders, les brokers… En outre, s’appliquant à tous les produits financiers européens, Mifid 2 aura également des effets en dehors du vieux continent.

D’après l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), « Les Etats membres, pour la plupart, ont transposé de manière "positive" la directive Mifid 2 en droit interne, c'est-à-dire, en adoptant des mesures nationales destinées à leur permettre de se conformer aux résultats prescrits par la directive ».

Relations franco-chinoises

Une commande de 184 airbus bientôt finalisée, une cinquantaine d’accords discutés, un protocole d’accord entre Areva et la China National Nuclear Corp, la visite du Président de la République en Chine, ont pour objectif de renforcer la coopération économique entre la France et la Chine.

De son côté, la Chine voit sa relation avec un partenaire européen se renforcer ce qui pourrait lui permettre d’acquérir des technologies pour monter en gamme dans sa production.

Pour la France, cette coopération a pour but de s’étaler dans le temps pour diminuer le déficit commercial auquel elle doit faire face vis-à-vis de la Chine. 

Toutefois, l’objectif de rééquilibrage de la balance commerciale de la France vis-à-vis de la Chine doit faire face à de nombreuses incertitudes. Il y a notamment les conséquences de l’ouverture du marché français aux investisseurs chinois dans les secteurs stratégiques mais également la facilité d’accès au marché chinois pour les entreprises françaises.

Affaire à suivre.

Ripple, la cryptomonnaie des banques

L’année 2017 a été marquée par un intérêt croissant pour les crypto-monnaies. Et pour cause, le bitcoin, qu’on ne présente plus, a eu une hausse de 1000% et a même atteint 20 000 dollars pendant une période. Ce phénomène a amené le monde entier à s’interroger sur l’origine et la nature des crypto-monnaies.

En ce début d’année 2018, on parle de plus en plus de Ripple. Il s’agit d’une autre crypto-monnaie qui a réalisé la plus grande hausse (36 018% en un an) au cours de l’année 2017. Aujourd’hui, son prix se fixe à 0.9 euros, mais sa capitalisation s’élève à plus de 42 milliards de dollars (la plus forte après Bitcoin et Ethereum).

Ripple n’est pas uniquement une crypto-monnaie, il s’agit également d’un protocole de paiement où les transactions s’effectuent en tout type de monnaie tel que l’Euro, le Dollar, ou encore le Bitcoin. C’est cette « universalité » qui fait de Ripple un projet quasi-révolutionnaire. En effet, selon David Schwartz, le « chief cryptographer » de Ripple, « les systèmes de paiement différents ne peuvent pas interagir facilement » et Ripple a voulu y remédier.

En outre, comme les transactions s’appuient sur la technologie de « Blockchain », la sécurité est assurée par un réseau de serveurs indépendants. Cet aspect est intéressant pour les banques qui sont de plus en plus nombreuses à intégrer ce protocole de paiement.

Ripple aurait donc l’image d’une crypto-monnaie plus centralisée du fait de sa proximité avec les grandes banques. Cela rassure les investisseurs traditionnels qui sont donc plus enclins à investir dans cette crypto-monnaie plutôt que dans le Bitcoin.

Coalition allemande

Le 12 janvier 2018, un accord en vue d’une « grande coalition » entre le parti conservateur (CDU-CSU) d’Angela Merkel et le parti social-démocrate (SPD) de Martin Schulz a été trouvé. Cet accord intervient suite aux élections du 24 septembre 2017 durant lesquelles le parti conservateur, affaibli par la percée de l’extrême droite, n’avait recueilli que 33% des voix. Ce score ne lui permettant pas d’obtenir une majorité au Bundestag, une première tentative de coalition avec les partis libéral-démocrate (FDP) et écologiste avait échoué pour cause de trop grandes divergences. Afin d’éviter de nouvelles élections qui auraient pu menacer son avenir politique, Angela Merkel a été contrainte de s’allier au SPD comme ce fut déjà le cas entre 2005 et 2009 et depuis 2013. Dans ce contexte, l’accord trouvé témoigne davantage d’un compromis entre les partis que d’une réelle volonté de gouverner ensemble.

La politique européenne, qui est au centre de cet accord, est le parfait exemple des concessions faites par le CDU au SPD en promettant de renforcer et de réformer la zone euro tout en contribuant davantage au budget européen. Ces propositions sont conformes avec la politique européenne souhaitée par Emmanuel Macron qui a d’ailleurs salué cet accord. Le parti conservateur a quant à lui imposé ses idées en termes de politique migratoire en souhaitant notamment limiter à 200 000 le nombre de demandeurs d’asile accueillis chaque année en Allemagne.

Cet accord a été validé par les membres du SPD le 21 janvier 2018 par une courte majorité. Les partis sont désormais rentrés dans la phase de rédaction de l’accord de coalition qui devra déterminer le programme du gouvernement pour les quatre prochaines années. Ces discussions s’annoncent compliquées car afin de faire valider cet accord auprès de leur parti, les dirigeants du SPD se sont engagés à obtenir davantage de compromis auprès du CDU et du CSU, chose que le CSU refuse pour l’instant. Reste à savoir si cet accord, dont le programme est dans le prolongement de ce qui a été réalisé ces dernières années et qui n’a su empêcher la montée de l’extrême droite, saura satisfaire les électeurs allemands qui, selon l’agence de presse DPA, sont seulement 36% à souhaiter voir Angela Merkel chancelière quatre années supplémentaires.

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