Édition 2018/2019

Mars 2019

La fusion Deutsche Bank / Commerzbank fait débat

Après des mois de rumeurs, les discussions officielles entre la Deutsche Bank et la
Commerzbank au sujet d’une possible fusion viennent de débuter.


Au cours des derniers mois, le projet de fusion entre les deux banques allemandes a été fortement soutenu par Berlin. L’État allemand, actionnaire principal de Commerzbank (avec 15% du capital détenu), avait alors envisagé de prendre position dans le capital de la Deutsche Bank afin de pousser les deux établissements à fusionner. L’un des objectifs du gouvernement allemand serait d’assurer que la première économie européenne dispose d'au moins un établissement bancaire capable d'accompagner ses entreprises à l’international.
La possibilité d’une fusion entre les deux banques allemandes permettrait de concurrencer les banques américaines, avec la naissance d’un établissement bancaire de près de 1.800 milliards d’euros d’actifs dont la capitalisation boursière atteindrait 25 milliards d’euros.


Cependant, depuis l’annonce officielle d’une fusion entre la Commerzbank et la Deutsche Bank, une période d’incertitude s’est installée. En effet, les principaux actionnaires de la Deutsch Bank que sont la famille Al Thani (via Paramount Services Holdings et Supreme Universal Holdings qui détiennent 6,1%) et BlackRock (4,8%) craignent une dilution de leurs parts si la première banque allemande est amenée à lever des fonds pour clôturer un deal avec la CommerzBank. Selon le Financial Times, la Deutsche Bank cherche à lever entre 3 et 10 milliards d’euros afin de financer son rapprochement avec la Commerzbank. Aussi, des doutes sur la première banque d’Allemagne étaient apparus lorsque la valeur de son action atteignit son plus bas historique en décembre 2018, et que le titre de la Deutsche Bank perdit plus de 50% de sa valeur sur l’année 2018.


De plus, selon une enquête d’opinion réalisée récemment, 79% de la population allemande se dit défavorable à la fusion des deux banques. En effet, selon les syndicats, les deux banques qui emploient 140 000 personnes supprimeraient 30 000 postes en cas de fusion, ce qui suscite la méfiance de l'opinion publique.

Thomas Muñoz

« Facebook coin » : le projet de crypto monnaie de Facebook

qui devrait voir le jour été 2019

Facebook, qui avait annoncé avoir créé un fond de recherche afin de travailler sur un projet de Blockchain en mai dernier, envisagerait de créer sa propre crypto monnaie selon le New York Times. Il s’agirait d’une monnaie numérique qui pourrait être lancée d’ici la fin du premier semestre 2019.


Le Facebook Coin, développé par le fond de recherche dirigé par l’ex-responsable de Facebook Messenger et ancien président de Paypal, David Marcus, serait d’abord destiné à l’application Whatsapp (une filiale de Facebook). Ce projet de grande ampleur aurait été mis en œuvre par une cinquantaine d’ingénieurs.


L’intérêt de ce projet serait de permettre aux utilisateurs de pouvoir s’échanger de l’argent librement en rendant le processus instantané, et surtout de remplacer les prestataires bancaires. Cette monnaie numérique serait l’occasion de développer une activité sur un marché en plein essor tout en permettant de faciliter les transactions pour les habitants de pays émergents, où il est parfois difficile d’ouvrir un compte bancaire traditionnel.


Selon le New York Times, la valeur de cette crypto monnaie pourrait être indexée à un panier de cinq devises différentes, dont l’euro et le dollar. De plus, cette crypto monnaie serait de type stable (stablecoin), c’est-à-dire qu’elle serait protégée de la forte volatilité des cours existants dans ce secteur. Un stablecoin est un actif qui a pour objectif de garder une valeur stable à moyen et à long terme. Ainsi, à l’inverse de ses prédécesseurs comme le Bitcoin, l’intérêt du Facebook Coin sera faible pour les activités de spéculation et attirera un public plus large en recherche de stabilité.


De nombreuses questions restent cependant en suspens, parmi lesquelles la possibilité de voir Facebook devenir une sorte de banque centrale privée via l’émission de FBCoin, ou encore des questions de vie privée avec la possibilité pour Facebook de collecter les informations sur les transferts monétaires. La dimension décentralisée de cette monnaie ferait aussi débat, le fait étant que celle-ci serait sous le contrôle d’un acteur dominant tel que Facebook.

Pierre Durand

Troisième amende en deux ans pour Google

Le 20 mars 2019 Google a reçu une amende d’1,49 milliards d’euros de la part de la Commission Européenne. Ce n’est pas la première sanction infligée au géant mondial pour abus de position dominante et entrave à la concurrence. Depuis deux ans, ces sanctions sont liées à des pratiques anticoncurrentielles du géant mondial. En juillet 2018, par exemple, Google a usé de pratiques commerciales empêchant les systèmes d’exploitation autres qu’Android d’émerger. En privant certains consommateurs de bien, Google a usé de sa position dominante au détriment de la concurrence.


Cette année, la commission européenne a décidé de sanctionner Google une troisième fois pour abus de position dominante. Dans les faits, il est reproché à Google de profiter de sa position de force en tant que moteur de recherche le plus répandu afin d’imposer ses outils. Parmi ces derniers figure AdSense, offre de Google permettant aux éditeurs de sites internet de pouvoir diffuser de la publicité sur leurs pages Web. AdSence dispose d’une importante force de frappe et accapare plus de 70% des parts de marché en Europe. Google a eu un comportement illégal avec AdSense for search  a affirmé Mme Vestager, commissaire européen à la concurrence. Le géant américain est ainsi accusé d’avoir freiné l’usage de services d’affichage de publicités contextuelles concurrents d’AdSense, par le biais de clauses de contrats.


Le montant global des amendes infligées à Google par la commission européenne s’élève à 9 milliards d’euros. A la suite de ces évènements, Google souhaite montrer patte blanche en Europe. Matt Brittin, président de Google pour l’UE a donc annoncé que Google se mettra en règle car l’entreprise souhaite se maintenir en Europe.

Manon Boutin

29 mars : le Royaume-Uni toujours dans l'Union Européenne

Le 29 mars 2019, le Royaume- Uni devait quitter l’Union Européenne, deux ans jour pour jour après l’activation de l’article 50 du traité de Lisbonne. Theresa May avait promis à de nombreuses reprises que cette date ne serait pas repoussée mais devant l’impossibilité de faire adopter son plan par le Parlement, elle a dû s’y résoudre.


Le 12 mars, les députés britanniques rejetaient pour la deuxième fois l’accord conclu avec Bruxelles, en dépit des concessions obtenues par Theresa May auprès de l’UE. Toutefois, le lendemain, les députés écartaient à 321 voix contre 278 l’éventualité d’un « no deal » Brexit.


Une troisième tentative pour faire passer un accord a eu lieu ce 29 mars, tentative pour laquelle la Première Ministre avait promis de se retirer si l’accord était adopté. Une nouvelle fois, l’accord fut rejeté massivement par le Parlement Britannique à 344 voix contre 286. Sa possible démission n’a pas suffi à convaincre les « hard-brexiters » de son propre parti ainsi que les membres du DUP (le parti unioniste nord irlandais). Theresa May se retrouve donc en grande difficulté dans la dernière ligne droite du Brexit, confrontée à la fronde de ses députés mais aussi de nombre de ses ministres.


Un feu vert de la part des députés aurait été suffisant pour obtenir un report du Brexit jusqu’au 22 mai. Dorénavant, pour obtenir ce report le Royaume-Uni devra proposer une solution claire à l’Union Européenne d’ici le 12 avril. Cependant, un report trop long du Brexit entrerait en conflit avec la tenue des élections européennes de mai 2019 ce qui complexifie encore plus la situation. En effet, les
britanniques devraient alors participer à ces élections alors même qu’ils n’ont pas de représentants et qu’une nouvelle répartition est envisagée.


La possibilité d’une sortie sans accord le 12 avril reste donc toujours d’actualité et est soutenue par certains Tories (conservateurs). Cette sortie serait potentiellement catastrophique pour l’économie britannique mais affecterait aussi l’économie européenne.

Raphael Laville

Les élections algériennes sous la pression populaire

Le 11 mars dernier Abdelaziz Bouteflika annonçait vouloir renoncer à une candidature aux prochaines élections présidentielles. Après plusieurs semaines de manifestations le président a en parti cédé à la pression populaire. Le peuple algérien s’est massivement insurgé contre la candidature à un cinquième mandat du président en place depuis plus de dix-neuf ans, ce dernier n’étant plus apparu en public depuis le 8 mai 2012.


Cependant, si cette nouvelle semble aller dans le sens des manifestants, elle peut aussi apparaitre comme une manœuvre politique. En effet, le président algérien a annoncé vouloir reporter les élections. Cela pourrait donc l’amener à rester au pouvoir durant au moins toute l’année 2019 alors que ses opposants réclamaient un départ immédiat. Les manifestations continuent donc encore actuellement à Alger et dans tout le pays. Si dernièrement la solution d’une destitution pour motif de santé a été évoquée par l’armée, une démission reste la solution qui semble la simple.


Les conséquences de ces manifestations sont multiples pour la France. Tout d’abord, l’Algérie est l’une des plus fortes puissances militaires du continent africain, les troubles dans ce pays ont un impact sur la stabilité de toute la région, dans laquelle la France a de nombreux intérêts. Aussi, économiquement, l’hexagone reste lié à l’Algérie. L’Algérie fournit une grande partie du gaz consommé en France. Enfin, les conséquences humaines de cette crise
pourraient aussi être significatives, il y a en effet près de 800 000 binationaux Franco-Algériens vivant en France, leurs familles pourraient donc légitimement prétendre à se réfugier en France.


La situation en Algérie est donc toujours instable mais la démocratie semble reprendre peu à peu sa place.

Romane Surel

Venezuela : crise humanitaire et politique

Depuis le début du mois de mars le Venezuela a subi 12 jours de panne d’électricité, privant les habitants d’eau, de transport et d’internet. Ce vendredi 29 mars, 20 des 23 régions dont Caracas se sont retrouvées plongées dans le noir. Selon le gouvernement, le Venezuela fait face à des tentatives de coups d’Etat électrique visant la centrale hydroélectrique de Guri qui fournit 80% de l’électricité nationale. Aucune photo de ces attaques ayant été divulguées, l’opposition accuse une mauvaise gestion et non des actes de sabotage. Le président Nicolas Maduro a annoncé dimanche 31 mars un plan de 30 jours pour rationner l’électricité pendant lesquels ils vont essayer de rationaliser la production, le transport, la distribution et la consommation. La seule précision ajoutée à cette déclaration est que les travailleurs privés comme publiques termineront leurs journées à 14h.


La situation politique et humanitaire est chaotique à Caracas. Le pays est rongé par l’hyperinflation et les pénuries en tout genre mais notamment en médicaments. L’auto proclamation de Président en janvier de Juan Guaido, président de l’Assemblée Nationale, n’a pas arrangé les choses. Le ton ne cesse de monter entre Washington, qui reconnaît comme une cinquantaine de pays Juan Guaido comme président par intérim et réclame le départ de Nicolas Maduro, et Moscou, qui accuse les États-Unis d'essayer d'organiser un coup d'État dans ce pays aux immenses réserves pétrolières. Ce qui ne devrait s’arranger car l’Assemblée constituante du Venezuela a levé l’immunité parlementaire de Juan Gaido. Par ce fait l’Assemblée constituante contrôlée par Maduro remplace le Parlement seul organisme contrôlé par l’opposition. La décision était attendue par le président par intérim qui avait déclaré redouter d’être enlevé par les autorités. Les Etats-Unis ont déjà mis en garde Caracas contre toutes représailles à l’encontre de celui qu’ils considèrent chef légitime de l’Etat.

Sources :

Venezuela : la Cour suprême demande la levée de l'immunité parlementaire de l'opposant Juan Guaido

Au Venezuela, l'Assemblée constituante lève l'immunité parlementaire de Juan Guaido

Annabelle Blanc

122 Rue de Vaugirard, 75 006 Paris 

Université Panthéon-Assas

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