Édition 2020/2021

Novembre 2020

Elon Musk et Tesla

 

Les nouvelles enflamment la toile depuis quelques jours : Elon Musk est devenu le deuxième homme le plus riche au monde, d’après le classement des milliardaires de l’agence Bloomberg et Tesla sera incluse au S&P 500. Revenons sur les faits : Le 3 novembre 2020, Joe Biden, élu Président des Etats-Unis, a assuré vouloir favoriser le développement des voitures électriques dans le pays. Le 16 novembre 2020, le créateur de Paypal âgé de 49 ans, Elon Musk, était encore classé 35 ème de ce classement avec une fortune estimée à 102,1 milliards de dollars selon Bloomberg. L'indice S&P 500 géré par la société S&P Dow Jones Indices regroupe les 500 plus grandes entreprises de la place New-Yorkaise. Lors d’un communiqué de cette société, cette dernière a indiqué que Tesla Inc. (NASD:TSLA) va rejoindre le S&P 500 avec effet avant l’ouverture des échanges boursiers lundi 21 décembre pour pouvoir coïncider avec le rééquilibrage trimestriel de décembre. En ce 16 novembre, l’action de Tesla valait 408.1 dollars, et sa valeur a bondi de 9%. L’entreprise se fait aussi remarquer de par ses gains et profits durant ses cinq derniers trimestres consécutifs. Si nous comparons avec le début de l’année, les actions de Tesla ont augmenté de manière exponentielle. En effet, on remarque une hausse de plus de 500% de la valeur de l’action de cette entreprise fabricante de véhicules électriques. Avec cet accroissement, étant donné qu’Elon Musk possède 18% de Tesla, le cofondateur de cette entreprise voit sa fortune monter à la hausse encore et encore, pour atteindre les 139,8 milliards de dollars le 26 novembre 2020. Il devient alors le deuxième homme le plus riche au monde, dépassant Bill Gates, le co-fondateur de Microsoft. A cette même date, l’action de Tesla valait 574,0 dollars soit une augmentation de 165,9 dollars, et l’entreprise est valorisée à plus de 500 milliards de dollars selon la bourse de New-York. La fortune de cet ingénieur et chef d’entreprise a également connu cet essor grâce à SpaceX, une entreprise américaine du domaine de l'astronautique et du vol spatial dont il est aussi fondateur. En effet, Elon Musk a annoncé sur twitter en ce mercredi 25 novembre 2020 que la fusée starship décollera la semaine suivante. Un avancement considérable pour ce modèle de fusée puisque nous nous attendons à ce qu’elle atteigne une altitude de 15 kilomètres.

Le point sur le marché immobilier à Paris en 2020

Le 28 octobre 2020, le président de la République annonce l’entrée en vigueur d’un deuxième confinement en France. Nous l’avons compris, ce quatrième trimestre ressemblera au printemps dernier. C’est en tout cas vers cette direction que se dirige le marché immobilier francilien. Avec une baisse de l’augmentation des prix des biens immobiliers en Île-de-France observée depuis mars 2020 et une diminution du nombre des ventes, les notaires sont inquiets. L’année apporte un deuxième coup de massue aux agences et aux notaires, pourtant bien partis au premier trimestre avec des chiffres exceptionnels. C’est 80 % des activités immobilières qui ont cessé de tourner pendant la première vague de l’épidémie. Mais le marché immobilier brille de nouveau, quand en juin, la vie parisienne redevient presque comme celle des beaux jours de printemps. Que ce soit au musée, au bar, ou dans le salon d’un appartement à vendre, il y eut cet été, toujours quelqu’un pour visiter. Nous arrivons en septembre avec 152 000 ventes en Île-de-France, qui représentent 21 % de ventes en moins qu’en 2019. Les notaires sont d’accord : c’est un chiffre tout à fait correct compte tenu du confinement. Mais l’inquiétude du monde immobilier est d’autant plus croissante que le nombre de cas positifs à la COVID-19 augmente. On observe une augmentation de 7,4 % du prix moyen des biens immobiliers entre septembre 2019 et cette année à la même période. C’est toutefois 0,5 % d’augmentation moyenne en Île-de-France au troisième trimestre et une diminution de 1,2 % à Paris qui est observée, le prix moyen de l’immobilier étant décroissant avec l’inquiétude des acheteurs et des vendeurs. En effet, les notaires estimaient à 11 000 euros par mètre carré le prix moyen de l’immobilier à Paris pour janvier 2021. Aujourd’hui on l’estime à 10 720 euros. Acheteurs comme vendeurs trouvent difficilement un prix d’entente. Depuis 2016, les prix ne font que croitre, avec un prix moyen de 8 000 euros par mètre carré en 2016 contre 10 790 euros en novembre 2020. Nous constaterons sûrement en janvier 2021 la plus grosse baisse des prix parisiens depuis 2015. Mais ce n’est certainement pas le début d’une longue période baissière des prix. La tendance risque très probablement de rester à la hausse pour l’année 2021, puis à plus long terme car cette période baissière s’explique principalement par les éléments exceptionnels qu’a connu l’année 2020 et par des raisons saisonnières. De plus, italiens commissionnaires, anglais banquiers d’affaires, chinois milliardaires, ou américains actionnaires, ne veulent plus être propriétaires. Ces fortunes étrangères représentaient 17 % des transactions du 6 ème arrondissement en 2015. En achetant des appartements de prestige à des sommes astronomiques, ils faisaient monter les prix des beaux quartiers parisiens. En 2020 ils ne représentent plus que 9,4 %. Ces grands acheteurs quittent peu à peu la capitale française et vendent leurs biens. Cet effet, on ne le doit pas qu’à madame COVID. Les gilets-jaunes, les grèves, ou encore l’endommagement du cadre de vie des Parisiens sont d’autant plus d’éléments qui font fuir ces acheteurs aux gros pouvoirs d’achat. Malgré cela, c’est le marché du luxe qui arrive le mieux à sortir sa tête de l’eau. Le groupe Daniel Féau, agence immobilière spécialisée dans le luxe parisien, affirme qu’ “il y a toujours beaucoup d’appétit pour les biens exceptionnels, de plus de 300 mètres carrés, avec une vue, une terrasse, un jardin, notamment des Américains.” Les politiques de taux d’interêt négatifs font également leur apparition dans le secteur immobilier. Des banques comme Rothschild facturent les dépôts à 0,5 %, incitant ainsi les femmes et les hommes fortunés à investir. Cependant cela ne suffit pas pour témoigner d’une activité normale dans le secteur. Bien que les appartements les plus prestigieux de la capitale ne restent pas longtemps à vendre, il suffit de descendre d’un cran pour se rendre compte de la réalité qu’est en train de subir l’immobilier. Par exemple, enlevons la vue sur le Sacré-Coeur et supprimons le jardin. Ce genre de bien est aujourd’hui sujet à une difficulté de vente, justifiée par le manque de confiance des banques envers les emprunteurs. Une asymétrie d’information qui augmente autant, témoigne bien de la baisse de prêts accordés aux individus. Ils sont rapidement catégorisés comme des “dossiers à risque” et ils deviennent des emprunteurs de plus en plus risqués. D’ailleurs, aucun contrat n’a été signé à plus de 30 000 euros le mètre carré entre juillet et septembre, ce qui est très rare. Depuis janvier, on distingue une augmentation de seulement 3 % du prix du mètre carré dans le 6 ème arrondissement, 6,8 % pour le 19 ème arrondissement et 8,1 % pour le 16 ème. On peut ainsi attester que ces 2 confinements n’ont pas épargné le secteur immobilier qui subit un énorme ralentissement de son activité. Le groupe Junot, spécialiste lui aussi dans les biens de luxe parisiens, confirme que les biens de prestige de plus de 5 millions d’euros attirent toujours l’attention des grands acheteurs. Le groupe signe d’ailleurs cette année la vente d’un bien pour 46 millions d’euros, et un autre pour 26 millions. Ces 2 ventes réalisées par le groupe sont épatantes, car très peu de ventes au-delà de 10 millions d’euros sont effectuées à Paris. Elles étaient 8 en 2019 , 6 en 2018, et 4 en 2017. Le groupe Century 21, lui, a proposé cet octobre un bien de 6,51 mètres carrés au prix de 134 000 euros dans le coeur du 4 ème arrondissement, soit à 20 000 euros le mètre carré, nous questionnant alors sur le type d’acheteur potentiel visé par le groupe.

d

                                                                                                            

 

Le retour du bitcoin

Alors que certains le pensaient mort et enterré, le bitcoin est de retour. En effet, le 30 novembre, il se rapprochait dans un moment d’euphorie de son record absolu, s’établissant à 19 850 dollars (16 542 euros)1 , faisant oublier ainsi sa déroute de mars, où il avait perdu près de la moitié de sa valeur en deux semaines2 . Comment expliquer une telle envolée ? D’abord, l’annonce faite par la plateforme de paiement PayPal que ses utilisateurs pourront, en 2021, acheter des devises virtuelles dont le bitcoin et les dépenser sur le site des marchands partenaires3 . Aussi, l’appétit des investisseurs institutionnels qui semblent de plus en plus abandonner l’or au profit du bitcoin, notamment ceux en quête de réduction des coûts et de moins de contraintes liées au stockage de l’or, note un analyste de la banque d’investissement américaine JPMorgan4 . En outre, l’intérêt croissant des jeunes générations pour l’actif, qui trouvent dans le bitcoin un moyen simple et pratique de mettre à l’abri leurs économies et de s’éloigner du milieu bancaire, jugé trop centralisé et risqué5 . Les volumes demandés étant importants et la quantité de bitcoins disponibles se raréfiant, le prix de la devise virtuelle est mécaniquement poussé vers le haut. Malgré cette hausse spectaculaire qui témoigne d’un intérêt toujours plus fort pour le bitcoin, des doutes subsistent. En premier lieu, la volatilité reste très élevée, puisque sa valeur a augmenté de 50 % durant les trois derniers mois, et de 140 % depuis le début de l’année6 , telle une véritable montagne russe. Pour un actif qui était à l’origine conçu comme une monnaie, et qui devait donc avoir comme caractéristique essentielle une certaine stabilité pour garantir aux agents économiques la valeur de leurs échanges, le compte n’y est pas. Par ailleurs, l’utilisation du bitcoin comme devise reste marginale comparativement aux devises étatiques, son utilité dans l’économie réelle demeure discutable et la valorisation totale du marché, d’environ 336 milliards de dollars à l’heure où nous écrivons ces lignes7 , semble négligeable à côté d’autres actifs comme l’or – il apparaît que les violentes fluctuations soient attribuables à des mouvements spéculatifs plutôt qu’à une réelle tendance de long terme – le bitcoin étant un nouveau venu dans le monde financier. Quoi qu’il en soit, seul le temps pourra trancher, et nous saurons si le bitcoin sera amené à prospérer et à s’implanter durablement dans l’économie, ou si, au contraire, il disparaîtra.