Édition 2021/2022

Novembre 2021

La prise de contrôle de BodyArmor par Coca-Cola

Le mois de Novembre a démarré sur les chapeaux de roues puisque le 1er du mois, le groupe Coca-Cola annonçait racheter la totalité du groupe américain spécialisé en boissons sportives, BodyArmor. Coca-Cola s’est emparé de l’entièreté du groupe via sa plus grosse acquisition jamais réalisée. En effet, le groupe a déboursé pas moins de 5,6 milliards de dollars pour s’offrir BodyArmor, dépassant son acquisition de 5,1 milliards de dollars pour Costa Coffee en 2018.

Coca-Cola était déjà le deuxième actionnaire depuis 2018 puisqu’il avait acheté une participation de 15%. Le groupe avait aussi laissé entendre dès février le rachat d’autres parts de l’entreprise, de manière à devenir actionnaire majoritaire. Finalement, il a fait mieux en rachetant la totalité des parts manquantes.

Cette opération permet au groupe de s’installer un peu plus dans le marché 

des boissons pour sportifs mais aussi de faire concurrence à son rival PepsiCo, leader du marché avec sa boisson Gatorade représentant 70% de part de marché. Coca-Cola s’est notamment justifié de cet achat par les revenus de 1,4 milliards de BodyArmor s’installant à la deuxième place sur le marché devant Powerade, mais aussi par la croissance de 50% du chiffre d’affaires annuel de BodyArmor lors de l’achat.

Le président des opérations Coca-Cola en Amérique du Nord, Alfredo Rivera, déclarait même que « BodyArmor a été un excellent ajout à notre gamme de produits au cours des trois dernières années ».

A noter aussi que Coca-Cola étend par cet achat son influence dans le domaine du sport car BodyArmor est le sponsor de grands sportifs comme l’ancienne numéro 1 WTA Naomi Osaka ou encore James Harden pour ne citer qu’eux.

Cet investissement n’a pas été tout de suite bien reçu sur les marchés puisque le groupe à la capitalisation boursière de plus 230 milliards de dollars, a vu son cours en bourse reculé de 0,28% lundi 1er novembre. Il a néanmoins continuellement progressé par la suite jusqu’à atteindre au plus haut 57,16 dollars jeudi 5 novembre. L’action Coca-Cola a ensuite diminué fortement et a même terminé le mois de novembre plus bas qu’il ne l’avait commencé mais cela ne semble avoir aucun lien avec le rachat de BodyArmor.

L’essor du métavers : La croisée des mondes de demain

L'univers numérique de Mark Zuckerberg : Meta

Vous en avez entendu parler récemment, le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, annonçait il y a un peu plus d’un mois que le géant des réseaux sociaux changeait de nom pour Meta.

Hydre à plusieurs têtes qui constitue Facebook, Whatsapp, Instagram (ect), Meta ( Meta Platforms ) affirme ainsi sa volonté de devenir leader incontournable dans le métavers.

Il n’aura pas fallu longtemps au groupe pour déclarer l’embauche à venir de 10 000 employés spécifiquement recrutés pour travailler sur le métavers.

Véritable buzzword ( et probablement poussé par la voix de Meta ), le métavers fait depuis quelques semaines les unes partout dans le monde.

Le métavers c’est « l’apogée de tous les fantasmes de science-fiction » mis en scène dans des films comme Tron et plus récemment Ready Player One décrit un rédacteur de ‘crypto-sous.fr’. En fait, un métavers c’est un univers virtuel immersif dans lequel les utilisateurs peuvent interagir et naviguer ( et pas que ) en toute liberté et de manière interconnectée.

 

Par ailleurs, il est vrai qu’à l’aune des tendances dystopiques misent en avant dans des films et séries tels que Ready Player One et Black Mirror, nous pourrions être tentés de nous convaincre qu’il s’agit là de pure science-fiction. Pourtant, les faits ne trompent pas, Shopify, Microsoft, Nvidia, en autres, ces grands noms s’y préparent. 

 

La prise de position de Nike

L’exemple récent de Nike le démontre. Le géant de l’habillement sportif a fait ses premiers pas dans le métavers. La société basée dans l'Oregon a enregistré il y a quelques semaines plusieurs demandes de brevets auprès de l’US Patent & Trademark Office ( USPTO, bureau américain des brevets et des marques de commerce ), ce qui annoncerait le début d’un déploiement de produits virtuels dans le métavers. Notons qu’à l’instar de Meta, Nike prévoit de recruter divers profils en vue de la conception de ses futures marchandises virtuelles.

Nous ne sommes probablement plus très loin d’assister à l’essor de ces nouveaux produits, des objets propres au développement d’un environnement numérique et virtuel, vendus sur un marché spécifique qui promet, en toute logique, de s’ouvrir à d’autres produits de la consommation courante.

De surcroît, courant novembre, un premier projet dénommé « Nikeland » en partenariat avec Roblox, la plateforme de jeu en ligne multijoueur (MMO) massivement populaire, reflète les intentions du groupe.

 

Le lancement de Nikeland, monde virtuel proposant de nombreux mini-jeux donne ainsi à Nike l’opportunité d’héberger sa propre expérience de métavers et invite les joueurs de Roblox à rejoindre l’univers gratuitement.

Le moteur Roblox utilise la réalité augmentée (AR) du smartphone pour interpréter les mouvements de l’utilisateur pendant le jeu en ligne, comme les sauts ou la course. À partir de ça, Nike laisse les développeurs utiliser sa boîte à outils pour créer des mini-jeux, ce qui permet aux utilisateurs de profiter d’un éventail de jeux produits de manière indépendante.

 

Par ailleurs, dans la lignée du housing ( qui désigne le fait de posséder une maison dans un environnement virtuel ), particulièrement populaire chez les amateurs de jeux vidéos ( Minecraft, …ect), certaines marques cherchent déjà à capitaliser sur le métavers…sous la forme de NFTs .

Popularisés il y a peu de temps, les « non-fungible tokens » / NFTs, ces certificats de propriété numérique infalsifiables basés sur la blockchain font parler d’eux sous de nombreuses formes ; « le plus grand déblocage de la propriété que l'art ait connu dans son histoire », estime, par exemple, Sarah Sherrill à propos des NFTs, cofondatrice de Lobus, une plateforme de gestion d’œuvres d’art.

Les NFTs jouent un rôle de médiateur des interactions et de preuve de la propriété privée dans le monde du métavers.

Les crypto-monnaies et une cargaison de NFTs

Lorsque Mark Zuckerberg a annoncé que Facebook changeait de nom pour Meta, les crypto-monnaies ont fait un bond en avant.

Dans le métavers, les NFTs donneront aux gens la propriété de leurs personnages, de leurs achats dans le jeu et même l'enregistrement de terres virtuelles à leur nom. Les crypto-monnaies deviendront la monnaie légale dans l'économie virtuelle et tous les objets immatériels seront des NFTs.

 

Récemment, le marché des NFTs a évolué ;

  • SuperRare, la plus grande marketplace de NFTs appliquée au monde de l’art (axée sur les œuvres d'art numériques à édition unique), a enregistré ces derniers mois une explosion de ses volumes de ventes (31 millions de dollars (en Octobre)).

  • Par ailleurs, Tyler Hobbs, le créateur de la série de NFTs Fidenza, a vendu pour 7 millions de dollars de NFTs dans sa collection « Incomplete Control ».

 

Tout aussi voire plus imprévisible, le marché des NFTs axés sur l’industrie du sport résonne.

  • Prenons l’exemple de Dapper Labs, l’entreprise de NFTs derrière NBA Top Shots ( un marché de cartes numériques de basket comparable au marché de cartes virtuelles de football auquel participe l’entreprise française flamboyante Sorare ) : elle annonçait un financement de 250 millions de dollars il y a un peu plus d’un mois. Réunissant autour de la table des investisseurs tels que GV ( Google Ventures ) ou Version One Ventures, « Dapper Labs [suscite une confiance rare grâce à] ses titres phares, dont NBA Shots, qui constitue l’un des marchés à la croissance la plus rapide au monde » confie le site ‘prnewswire’.

 

Enfin, à l’instar de Sorare ayant récemment levé 680 millions de dollars,  Dapper Labs a signé un contrat avec LaLiga prévoyant un projet sur le secteur du football courant été 2022 ; relation à suivre entre les deux géants de l’émission de cartes virtuelles !

Round-up fait sur la présence considérable des NFTs dans l’économie digitale mondiale, nous devrions mieux appréhender leur importance dans les futurs marchés que proposeront les métavers.

L'AI, l'AR et la VR pour nous y emmener

Dans le métavers, les gens apparaissent en se scannant en 3D ou en créant leur avatar. Les personnages du métavers sont reconnus comme des individus, clones de leur créateur dans la vie réelle, et pas seulement comme des personnages de jeux.

Outre leur propre avatar, les acteurs de ce nouveau monde créent des objets qui peuvent exprimer leur singularité.

L'immersion dans la VR ( virtual reality ) inciterait le cerveau humain à libérer les mêmes substances chimiques (endorphines, sérotonine, dopamine) de la même manière que dans le monde réel, ce qui rendrait la vie virtuelle au sein du métavers plus naturelle et plus réaliste que l’internet.

 

C'est pénétrer dans l'internet au lieu de simplement le regarder !

 

La réalité augmentée (AR), à laquelle on peut accéder à l'aide d'un smartphone ou d'un ordinateur, consiste à superposer des éléments visuels, des sons et d'autres stimuli sensoriels à un environnement réel pour améliorer l'expérience de l'utilisateur.

Aussi, le métavers sera rendu possible, peuplé et soutenu par l'intelligence artificielle (AI). Cette dernière visera à réduire le temps de création de personnages réalistes à quelques minutes. Au-delà de la forme du personnage, l’AI permettra de lui donner vie par des mouvements et un jeu d'acteur réalistes.

Les points d'accès feront eux appel aux technologies de réalité augmentée (AR) et de réalité virtuelle (VR) (exemple des casques de VR comme l’Oculus/Meta Quest 2 sorti l’année dernière).

L’AI, l’AR et la VR constituent ainsi des passerelles vers le métavers.

 

  

Exister dans le métavers équivaut à vivre à l'intérieur de l'internet. Cela ouvre la possibilité de créer un nouveau monde, une nouvelle économie et de nouvelles possibilités.

Bien qu'il faille encore attendre une ou deux décennies pour cela, dans le métavers, nous mangerons, achèterons et travaillerons, et une nouvelle classe d'économie apparaîtra, qui a déjà pris forme sous la forme de crypto-monnaies et de NFTs.

Une analyse récente du marché a estimé que le marché des métavers pourrait représenter environ 800 milliards de dollars d'ici 2024. On peut considérer qu'il s'agit d'une ascension fulgurante pour les métavers.

Ainsi, compte tenu de la taille estimée du marché, il ne fait aucun doute qu’il sera l’apanage des géants de la technologie dans les années à venir.

Finance solidaire, ou comment «donner du sens à son épargne» ?
Zoom sur la Semaine de la finance solidaire du 8 au 15 novembre 2021

                « L’épargne solidaire, une bonne idée qui se répand », retient-on de la vidéo de campagne de la 14ème édition nationale de la Semaine de la finance solidaire. Comme chaque année pendant une semaine de novembre, l’association et collectif FAIR organise la Semaine de la finance solidaire pour sensibiliser et attirer les épargnants vers des placements « qui donnent du sens à l’épargne ». De nombreux événements ont eu lieu à travers la France et les Grands Prix 2021 de la Finance Solidaire ont été décernés ; zoom sur l’événement après quelques rappels des notions.

 

De la finance solidaire...

 

            Quèsaco ? La finance solidaire est un volet de la finance à impact qui concerne les fonds investis dans l’ESS (Économie Sociale et Solidaire) visant à financer des projets dits à « utilité sociale et environnementale » comme la réinsertion par l’emploi, l’économie verte, le relogement, les énergies durables…

 

                Quelles sont ses origines ? C’est au début des années 80, pendant un mouvement de libéralisation du secteur financier notamment lié à la hausse rapide du chômage que la finance solidaire apparaît en France. De là, certains épargnants se sentent déterminés à agir avec leur épargne pour épauler des organisations à vocation sociale (aide à l’insertion, au relogement, au soutien des PED [Pays en Développement], à l’accès au crédit social etc…). La philosophie derrière cette mobilisation tend à penser qu’il existe une approche plus humaine de la finance. L’Économie Sociale et Solidaire a depuis bénéficié d’apports en matière réglementaire, qui servent aujourd’hui au bon déploiement de la finance solidaire.

 

            Comment fonctionne-t-elle et quelles sont ses garanties ? La finance solidaire met donc en relation des épargnants soucieux d’investir leur argent dans des causes en phase avec leurs valeurs, et des organisations (généralement des entreprises et des associations) dont l’activité a une forte utilité sociale et ou environnementale. Celle-ci sera justement financée par les apports de ces souscripteurs de produits d’épargne solidaires, détaillés ci-bas. Depuis 2001, l’État a mis en place un agrément « entreprise solidaire » pour encadrer ces entreprises qui placent ces problématiques au cœur de leur stratégie, plus que leur rentabilité financière.

            À lui seul, le label Finansol constitue le périmètre de la finance solidaire en France. Attribué par un comité d’experts indépendants, il est l’unique label financier privé en France qui garantit la qualification solidaire des projets aux travers de ses deux critères fondamentaux que sont la solidarité et la transparence. Conféré depuis 24 ans, il a été attribué à 14 entreprises et (retiré à 7 d’entre eux) pour compter 166 produits financiers labellisés au 31/12/2020 en France. À l’aune de la multiplication de phénomènes trompeurs tels que le « green washing » ou « solidaire washing », sa légitimité est de mise. Puisque la finance solidaire pose la question de « changement » et apporte une idée de « transition » sur les marchés financiers, les attentes et les comportements des épargnants sont à étudier de près plus que jamais.

 

Vers l'investissement solidaire... 

 

                 « Utile, rentable, ouvert à tous ». Selon l’association FAIR, on compte plus d’un million d’épargnants solidaires en France aujourd’hui. Au-delà de l’appréciation du risque, de la liquidité et des attentes en termes de performances de l’épargnant, se pose la question du sens que l’on souhaite donner à son investissement. L’épargne solidaire se pose en effet comme une solution à nos enjeux sociétaux actuels. En plus d’aligner les causes que l’on défend et son statut d’épargnant, l’on peut bénéficier de réductions d’impôts.

 

                  Solutions d’investissements solidaires. Fin 2020, les financements solidaires atteignaient les 2,68 milliards d’euros, soit une hausse de 27%. Le diagramme ci-dessous (chiffres de 2020) présente les principales solutions à notre portée pour devenir un épargnant solidaire :

[Août 2021, Inspiration des chiffres présentés dans le rapport Fair « Zoom 2021 sur la finance solidaire »]

  • L’épargne salariale solidaire (11 700 millions d’euros) est proposée par les entreprises des salariés (ex : fonds communs de placement d’entreprise solidaires).

 

  • L’épargne bancaire solidaire (7 857 millions d’euros) désigne les produits d’épargne proposés par les banques ou mutuelles d’assurance (ex : livrets, assurance-vie, OPC [Organismes de Placements Collectifs], dépôts à terme).

 

  • L’épargne collectée par des entreprises solidaires (790 millions d’euros) concerne les placements proposés par des entreprises et financeurs solidaires, souscription de parts de capital (= actions non cotées et placements).

 

            Ainsi, fin 2020, 4,4 millions de produits d’épargne solidaire avaient été souscrits, pour un total de 20,35 milliards d’euros (+33%).

 

 

           

Allocation d’investissements solidaires. En 2020, la répartition des investissements solidaires était la suivante :

 

  • Financement d’associations et d’entreprises à forte utilisé sociale en France : 49,1%

  • Investissement dans les foncières sociales : 31,7%

  • Financement d’activités à forte utilité sociale dans les PED : 4,1%

  • Prêts sociaux : 9,6%

  • Prêts environnementaux : 5,5%

... Pour "donner du sens à son épargne" : association FAIR et la Semaine de la finance solidaire

 

            L’association FAIR (de son nom : Financer, Accompagner, Impacter, Rassembler), se présente comme l’organisation de référence de la finance à impact social. Créée en 2021 à partir de la fusion du label Finansol (toujours en vigueur) et d’IiLab (Impact Invest Lab), elle regroupe plus de 110 « acteurs pionniers de la finance solidaire » (banques, sociétés de gestion, ONG, Grandes Écoles, personnalités) autour de la finance solidaire. Elle est aussi soutenue par le ministère de l’Économie des Finances et de la Relance et par le ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères. FAIR est également un collectif, à l’origine de l’événement national « la Semaine de la finance solidaire » qui cherche à mobiliser, échanger et débattre autour de son sujet clé.

 

           Programme de la Semaine de la finance solidaire. Du 8 au 15 novembre 2021, le 14ème rendez-vous incontournable de la finance solidaire tenait lieu en présentiel (dans plusieurs villes de France) et à distance, pour des webinaires. Durant ces 8 jours, plusieurs conférences, ateliers et rencontres entre particuliers et professionnel étaient organisés pour se poser des questions sur l’épargne et partager des témoignages.

 

Quelques exemples d’activités, retrouvables en ligne pour certaines :

  • Exposition itinérante « L’argent de tous les possibles »

  • 2e assises des énergies renouvelables et citoyennes

  • Webinaires autour des thèmes : dynamique de la finance solidaire, les défis du changement climatique en Afrique, les licoornes-coopératives, solutions pour l’épargne etc…

  • Live Emmaüs quant à l’épargne solidaire

  • Et autres : Marché du monde solidaire, apéritifs, table ronde et débats entre entrepreneurs

 

             Décernement des Grands Prix 2021 de la Finance Solidaire. Le mardi 9 novembre 2021, à Lyon, l’association FAIR mettait en avant et récompensait les acteurs engagés de la finance solidaire avec son partenaire Le Monde. D’autres acteurs de renom soutenaient aussi l’événement : Caisse d’Épargne, MAIF, Ville de Lyon, mirova, AFD, Banque des Territoires et France Active. Les candidatures étaient nombreuses ; chaque lauréat se voyait promettre 4 000 € ainsi qu’une forte visibilité par le journal Le Monde : un dossier spécial dans Le Monde Argent et sur Le Monde, une mise en valeur sur le site de l’association FAIR.

            Les résultats de cette 14ème édition ont été annoncés selon les catégories suivantes, regroupés dans le tableau ci-après :

 

 

Rendez-vous en novembre 2022 pour découvrir les prochaines thématiques sur la finance solidaire et les prochains nouveaux gagnants !