Édition 2019/2020

Octobre 2019

La fin de la taxe d'habitation ?

Le vendredi 18 octobre dernier, l’Assemblée a adopté à 34 voix contre 20 la fin de la taxe d’habitation pour les résidences principales d’ici 2023. Si une baisse progressive de la taxe s’applique déjà à certains foyers depuis 2018, ce n’est que maintenant que l’Assemblée a décidé d’appliquer ce dégrèvement à tous.
 Cette mesure fait suite à une promesse électorale d’Emmanuel Macron : attaquer un impôt jugé injuste. Cet impôt fait débat depuis longtemps pour sa dépendance à la valeur locative de l’habitation et non aux revenus d’un foyer fiscal.

Cette loi a un impact pour les communes qui subissent une perte de revenus. Pour compenser, il est prévu qu’elles perçoivent les recettes du foncier non bâti, jusqu’alors perçues par les départements. Ceux-ci recevront alors une fraction de TVA équivalente aux montants perçus auparavant. 

Elle touche également les ménages qui eux verront un gain moyen à l’issue de la réforme de 723 euros par foyer fiscal. Cependant, certains évoquent le fait que la suppression de la taxe ne sera pas en faveur des plus démunis puisqu’ils ne la payaient déjà pas.

En effet l’opposition de gauche comme de droite s’oppose à ce projet. Pour ses détracteurs, la mesure ne va que retirer plus de pouvoir aux communes dans une société qui est déjà « centralisée ». D’autant plus que la promesse de compensation totale par l’Etat leur parait peu crédible face aux objectifs de déficit plus faible. L’Association des Maires de France dénonce quant à elle un manque de simulation. Elle prédit un impact négatif pouvant aller jusqu’à 30% de leurs ressources. 

Antoine Briend et Jessica Machado

La Bourse de Hong Kong veut acheter celle de Londres

Le 11 septembre, Hong Kong Exchanges and Clearing propose de racheter London Stock Exchange pour 31,6 milliards de livre (soit 35,4 milliards d’euros).

Cette offre d’achat était sous la condition que la Bourse de Londres ne poursuive pas son projet d’acquisition de Refinitiv, un fournisseur mondial de données sur les marchés financiers.

L’opération avait pour but de renforcer les opérateurs face aux deux géants ICE (Intercontinental Exchange) et CME (Chicago Mercantile Exchange), et de constituer un leader mondial des infrastructures de marché.

Toutefois, l’opérateur de la Bourse de Londres se dit ainsi attaché à son projet d’acquisition de Refinitiv, fournisseur d’informations, de données et d’analyse du secteur financier, pour 27 milliards de dollars (24,5 milliards d’euros). Cette acquisition doit permettre à la LSE de concurrencer le groupe américain Bloomberg sur le marché très compétitif des données et de l'expertise financière, en complément de ses activités historiques de plate-forme d'échanges de titres et de compensation, mais cela n’entre pas dans la vision stratégique de la Bourse de Hong Kong.

Ainsi, le mardi 8 octobre le Hong Kong Exchanges and Clearing (HKEX) a annoncé dans un communiqué qu'il renonçait à sa tentative audacieuse de rachat du London Stock Exchange (LSE).

Le lien entre la Bourse de Hong Kong et le gouvernement local, qui est aligné sur Pékin, est une autre difficulté, notamment dans le contexte de la crise politique sans précédent qui secoue l'ancienne colonie britannique, avec quatre mois de manifestations quasi quotidiennes.

Gaelle  Byas- Perry
Le plan de Facebook pour relancer Libra

En Juin 2018, Mark Zuckerberg fondateur de Facebook annonce la création d’une division dédiée au domaine de la blockchain.

L’objectif de ce Facebook coin appelé « Libra » est d’être utilisé pour des paiements et des transferts de données à partir des messageries Whatsapp et Messenger et cela dans tous les pays où Facebook est

présent.

 

Au lancement de Libra, 28 entreprises ont choisi de soutenir le projet tels que Visa, PayPal,Mastercard. Cependant aujourd’hui, ces entreprises de paiement ont décidé de se retirer du plan.

En effet, qualifié de trop ambitieux, risqué et complexe, ce projet fait l’unanimité contre lui chez les régulateurs et les établissements financiers.

Le problème est que les législateurs veulent s’assurer que les risques de ce projet ne sont supportés que par Facebook car ils ne veulent pas avoir à secourir les marchés financiers et la finance mondiale

en cas de problème.

 

Stripe, Visa et Mastercard ont reçu une lettre de deux sénateurs américains les mettant en garde : Facebook « n'a pas fourni de plan clair sur comment empêcher Libra de faciliter le financement d'activités criminelles et terroristes, déstabiliser le système financier mondial, interférer avec les politiques monétaires ou exposer les consommateurs à des risques qui n'affectent aujourd'hui que des investisseurs professionnels ».

Si ces derniers ne se retiraient pas du projet, ils pouvaient s’attendre à des examens poussés de la part des régulateurs non seulement d'activités de paiement liées à Libra, mais aussi de toutes les activités

de paiement.

C’est pourquoi Visa, PayPal, MasterCard et Stripe ont décidé d’abandonner le projet de Facebook.

 

Les enjeux

 Pour Facebook

Ces retraits signifient que La Libra Association ne peut pas compter sur ces processeurs de paiement américain majeurs pour aider les consommateurs à convertir leur monnaie en Libra et faciliter leurs transactions.

De plus, en ce qui concerne le statut juridique Facebook devra obtenir des licences et agréments qui seront différents selon les pays qui adoptent le Libra. En effet, chaque pays a ses règles et si des failles apparaissent ils en seront tenus responsable.

 Pour les sociétés de paiement

Toutes ces sociétés de paiements ont choisi de renoncer au projet car elles auraient beaucoup plus à perdre si la monnaie s’avérait ne pas être fiable et notamment à cause de l’examen des régulateurs sur

toute leur activité. Cependant, ils se déclarent tous ouverts à des négociations futures même si pour le moment comme la balance vacille du mauvais côté pour le projet ils souhaitent se retirer.

En définitive, le groupe dispose malgré l’incertitude d’une vingtaine d’alliés avec notamment Uber et

Spotify. Ils se sont d’ailleurs rassemblés lundi dernier à Genève pour avancer sur ce projet.

Saleh Sheraz & Bayle Lea

WeWork : L’échec retentissant de la licorne du coworking

Dans le vocabulaire financier, le terme licorne désigne une startup atteignant une

valorisation de plus d’1 milliard de dollars.

En l’espèce, la rareté de ce type d’entreprises conduit à une recherche importante de la part des investisseurs pour ces potentiels placements à rendements

élevés.

Fondée en 2010, WeWork était l’une des startups les plus en vogue grâce à ses activités de location de bureaux. L’entreprise devait prendre un nouvelle dimension durant l’année 2019. Et pour cause, l’introduction en bourse de l’entreprise, permettait à celle-ci de satisfaire un important besoin

de liquidités.

Toutefois, l’une des conditions sine qua non d’une IPO est la transparence complète des comptes. WeWork a ainsi dû rendre public les détails de son fonctionnement. Las, les conséquences ont été désastreuses.

Environ 2 milliards de dollars de pertes sur l’année 2018, 690 millions au

premier semestre 2019. En cause des dépenses de fonctionnement faramineuses, notamment dues aux actifs immobiliers.

Tout naturellement, ces chiffres catastrophiques ont fait fuir les potentiels investisseurs, et ont plongé la startup dans une crise profonde. En l’espace de 10 mois, sa valorisation est passée de 47 milliards de dollars à moins de 8 aujourd’hui.

SoftBank, qui détenait déjà un tiers de la société, a alors essayé d’enrayer la machine en prenant le contrôle de WeWork pour environ 10 milliards de dollars. Le PDG historique Adam Neumann licencié, des mesures drastiques de réductions des coûts vont être engagées, causant très probablement de nombreux licenciements (entre 10 et 25% des effectifs) et ventes d’actifs.

Le cas WeWork n’est qu’un exemple parmi d’autres de survalorisation de startups. Une tendance qui se généralise et pose question, tant les risques pris par les actionnaires sont grands.

L’engouement autour des startups, vues comme des opportunités d’investissement, pourrait conduire à l’éclatement d’une nouvelle bulle financière dans les années à venir.

Julien Cases

Thierry Breton, choix risqué ou pari sur l’avenir ? 

Après l’échec de Sylvie Goulard le 10 octobre dernier (82 votes contre, 29 pour et 1 abstention), la France se devait de désigner un nouveau candidat à la Commission Européenne. Le Président Macron a décidé de proposer la candidature de Thierry Breton.

 

Plusieurs candidats auraient pu succéder à la candidature de Sylvie Goulard. Emmanuel Macron avait plusieurs choix possibles dont notamment Michel Barnier, négociateur en chef du Brexit. Ce dernier aurait refusé la proposition du chef de l’État. En effet une des conditions à cette désignation était que Michel Barnier devait quitter le Parti Populaire Européen (proche de LR) pour adhérer à Renew, la branche LRM européenne. Ainsi Emmanuel Macron a dû faire son choix dans un échantillon réduit de candidats. Si certains qualifient le choix du président français du « moins pire », d’autres avancent le fait que le choix d’Emmanuel Macron s’est fait rapidement, avant l'échéance du 1er décembre démontrant ainsi sa confiance en Thierry Breton. 

Thierry Breton a prouvé ses compétences politique en étant un des acteurs de la réduction de la dette française en 2006 et en favorisant l’intégration européenne des entreprises des pays membres. Sa brillante carrière professionnelle jouera aussi en sa faveur puisqu’il a été un acteur majeur de la transition numérique en Europe et saura comprendre les enjeux liés à cette numérisation.

Toutefois, la carrière et le portefeuille de Thierry Breton laissent supposer de possibles conflits d’intérêts, pointés du doigt par les députés européens Yannick Jadot et Julien Aubert. Thierry Breton héritera de la politique industrielle, le numérique, le renforcement du marché intérieur, la défense et l’espace, en ce sens certains craignent un blocage de la commission en cas de conflit d’intérêts. L’ex-ministre devra donc convaincre le Parlement Européen lors de son audition sur ces questions de conflit d’intérêts. Un deuxième refus risquerait d’entacher l’image du président français auprès de Bruxelles démontrant son incapacité à proposer un commissaire européen respectant les exigences des eurodéputés. Par ailleurs, Anticor a annoncé son souhait de relancer une enquête pour prise illégale d’intérêts et favoritisme dans laquelle Thierry Breton et Atos apparaissent.  

Thomas Munoz & Nathan Le Clanche

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