Édition 2021/2022

Octobre 2021

Le plan de rachat d’actions de BNP Paribas

À l’image de la flambée du CAC 40 depuis février 2021, BNP Paribas, la première banque française par sa rentabilité et son activité, a vu son action se clôturer pour le mois d’octobre à 57,9 euros. Le groupe bancaire avait commencé l’année avec une cotation s’élevant à 43,01 euros, et clôture ainsi son mois d’octobre avec ce qui correspond à une hausse de 34% de son cours depuis le début de l’année.

Néanmoins, ce n’est pas l’unique bonne nouvelle pour ses actionnaires puisque le groupe a annoncé un plan de rachat d’actions qui devrait les ravir. En effet, BNP Paribas a annoncé lundi 29 octobre un programme de rachat d’actions s’évaluant à 900 millions d’euros. Cette décision fait suite à un très bon résultat net de 2,5 milliards d’euros pour le groupe sur son troisième trimestre, soit une augmentation de son bénéfice net de 32,2% par rapport à l’an passé. Ces résultats sont même au-delà des estimations des analystes qui prévoyaient en moyenne un résultat net de 2,29 milliards, ce qui pourrait ici aussi expliquer le réajustement à la hausse du cours sur ces derniers jours.

Ce programme de rachat a bien été validé par la Banque centrale européenne et devrait débuter le 1er novembre 2021 pour finalement s’achever le 8 février 2022 au plus tard d’après le groupe. Il vient compléter une tendance de rachats d’actions observable sur le secteur financier puisque AXA, Scor ou

encore la Société générale ont eux aussi annoncé des programmes similaires de rachats d’actions.

Ces différents programmes de rachats, bien que moins populaire en Europe, pourraient donc s’y démocratiser. Ils viennent compléter de bons résultats mais évidemment surtout compenser le manque à gagner des actionnaires de ces groupes depuis le début de la crise du Covid-19 car le rachat d’actions reste un outil de rémunération de l’actionnaire.

 

Pourtant, tout ne pourrait pas être vu d’un œil positif puisque ces opérations sont aussi très critiquées. Elles témoignent parfois d’un manque de perspectives de l’entreprise qui réalise cette opération de rachat au lieu de réinvestir dans son système de production de richesse. Ou encore, être utilisées uniquement pour gonfler les cours ; aux États-Unis, ces opérations pourraient d’ailleurs expliquer une partie de la hausse des cours sur ces dernières années.

 

Évidemment, des inquiétudes émergent et sont légitimes car ces différents rachats s’inscrivent dans une période de forte croissance des indices boursiers et donc potentiellement dans une période d’euphorie avec des cours qui sont peut-être déjà surévalués. Le FMI émettait déjà dans son rapport du mardi 12 octobre l’idée de Bourses surévaluées, puisque selon eux les cours « demeurent considérablement décalés par rapport aux valorisations basées sur les fondamentaux, sur la plupart des marchés ».

Poussée inflationniste pour l’énergie et spectre de la stagflation : quelles réactions des États et autorités monétaires ?

Depuis maintenant plusieurs mois, le prix de l’énergie ne cesse de monter sur les marchés, participant activement à la montée de l’inflation en Europe et plus généralement dans le monde (hausse de 4.6% en zone OCDE en septembre, 5.4% aux États-Unis). Cette hausse des prix du secteur énergétique trouve plusieurs sources.

 

Tout d’abord, la principale cause est à trouver du côté d’une augmentation importante des besoins et donc de la demande en produits énergétiques à la suite des levées successives des restrictions sanitaires partout dans le monde et de la reprise économique. Cela a été accentué par la faiblesse des stocks notamment en gaz dû à un hiver long et rude, les difficultés à recouvrir l’ensemble des capacités productives par les pays producteurs et enfin l’approvisionnement massif de l’Europe et de la Chine pour relancer l’industrie et respecter leurs engagements pour la transition écologique.

 

Outre ces aspects liés à l’offre et la demande, les enjeux géopolitiques expliquent aussi en partie cette hausse significative. En effet, alors que les États-Unis et l’Europe s’attendaient à un accroissement du rythme de production du pétrole par les pays producteurs, l'OPEP a annoncé que le rythme serait maintenu pour le moment autour des 400 000 barils/jours accentuant la hausse du cours du Brent et du WTI sur les marchés. Néanmoins, les États-Unis envisageraient de puiser dans les réserves disponibles pour compenser la limitation de l’offre, ces différentes rumeurs ont contribué à une diminution des cours (-2,53% pour le WTI).

 

Par ailleurs, la Russie profite de la dépendance des pays européens en termes de gaz et de l’augmentation des cours pour faire avancer certains des projets liés au gazoduc comme NordStream 2.

 

Ainsi, pour faire face à l’inflation touchant les pays européens, des mesures de soutien à l’activité économique ont été mises en place. En France, cela a pris la forme d’une indemnité inflation de 100€ qui concerne 38 millions de français (ménages touchant moins de 2000€ par mois). Cette forme de subvention a été préférée à une diminution des taxes (représentant plus de la moitié du prix de l’essence en France avec la TVA et la TICPE). En effet, une diminution des taxes aurait eu un coup de presque 10 Mds€ pour l’État, là où la subvention coûterait 3.8 Mds€. A contrario, des pays comme l’Allemagne ou l’Espagne ont préféré une baisse des taxes, concernant la redevance énergie renouvelable pour l’Allemagne et une baisse des TVA sur l’électricité pour l’Espagne.

 

Enfin, alors qu’une réaction face à cette inflation est attendu du côté des autorités monétaires, la FED a annoncé le début d’une phase de tapering en réduisant progressivement les rachats d’actifs à hauteur de 15 Mds$ en moins chaque mois (le volume actuel étant de 120 Mds$). De son côté, la BCE a décidé de maintenir la politique menée en ne remontant pas les taux directeurs, Christine Lagarde estimant que l’inflation actuelle n’était que transitoire.

Euronext Paris célèbre sa plus grande introduction en bourse de l'année avec l'entrée du "leader européen" du Cloud

Une IPO ? Pour OVHcloud ?

 

L’« Initial Public Offering » (IPO) ou l’introduction en bourse permet d’ouvrir son capital à des investisseurs sur un marché sous la forme d’actions sur des marchés financiers. La pandémie a généré une grande incertitude dans le monde des affaires, et particulièrement sur lesdits marchés où de nombreuses places boursières se sont effondrées. Une embellie s’est certes dessinée depuis mais certaines entreprises ont récemment dû rétrograder leurs objectifs d’introduction ou se lancer coûte que coûte quitte à y perdre des plumes. À bien d’autres égards, les investisseurs particuliers y ont développé un intérêt croissant au vu des mouvements observés allant des flux d’épargnes vers les actions. De fait, le volume moyen d’actions échangées par jour a doublé de 2019 à 2020. Quelles entreprises ont pu profiter de ce nouveau tournant majeur ?

 

            OVHcloud, l’auto-proclamé “leader européen du cloud” illustre bien cette thématique, et plus encore. La demande d’actions des particuliers s’est chiffrée à 73 millions d’euros, nombre jamais atteint depuis dix ans, sans compter l’introduction de la Française des jeux (FDJ) qui se faisait privatiser en 2019. OVHcloud a en effet su capter la confiance des investisseurs en nombre malgré la survenance de deux événements majeurs qui ont tout de même influencé sa capitalisation boursière (en-dessous des 4 milliards d’euros initialement espérés). En premier lieu, “l’’incendie accidentel” de ses data centers de Strasbourg en mars 2021 a bouleversé les résultats des neuf premiers mois, avec une perte nette de 44,9 millions d’euros. Celui-ci avait eu lieu deux jours après l’annonce de l’IPO par Octave KLABA sur Twitter en mars 2021. En deuxième lieu, le 13 octobre 2021, soit deux jours avant son introduction réelle, une “panne massive” résultant d’une “erreur humaine” en reprenant les mots d’Octave KLABA, a perturbé l’accès à de nombreux sites pendant plus d’une heure. L’image du seul acteur européen dans le top 10 mondial du marché du Cloud s’est vue ébranlée dans un moment décisif pour son futur... Cela ne l’empêchera pas d’accomplir son introduction avec brio : OVHcloud a en effet réalisé la plus grosse introduction de l’année sur l’Euronext. Zoom sur les raisons qui fondent le succès de cette IPO record, la  50ème introduction sur le marché de l’Euronext Paris en 2021.

 

            OVHcloud est une pépite française. En 1999, Octave KLABA - alors encore étudiant - montait de toutes pièces l'entreprise OVH spécialisée dans les services d’hébergement de serveurs, de fournisseur d’accès à internet et de télécommunications, dont le siège se situe à Roubaix. Le fondateur de cette entreprise familiale en est désormais le Président du conseil administratif. Connaissant une croissance exponentielle, OVHcloud s’internationalisait et diversifiait sans plus tarder ses activités dans les années 2000 à 2010 : solutions de cloud public et privé, hébergement mutualisé et plus de 40 000 serveurs dédiés [...] En 2016, elle entrait dans le club des licornes en étant valorisée à plus d’1,3 millions d’euros grâce aux deux fonds américains KKR et TowerBrook CP qui avaient acquis 20% de son capital. Comptant aujourd’hui plus de 32 datacenters sur tous les continents, OVHcloud est implantée dans près de 140 pays et détient plus de 1,6 millions de clients. OVHcloud a pour priorité sa croissance. La société tient à se saisir l’effervescence du marché du Cloud et d’y augmenter ses parts de marché à travers le monde. En 2020, son chiffre d’affaires - dont près de la moitié s’était réalisée à l’étranger - s’élevait à 632 millions d’euros et son résultat opérationnel s'établissait lui à 263 millions d’euros. Aujourd’hui, son Directeur Général explique que le périmètre d’OVHcloud se concentre sur “l’ensemble des services et infrastructures qui permettent de stocker, de gérer et d’échanger / de transiter les données”. Ces solutions offrent une plus grande rapidité, flexibilité et plus d’opportunités à réaliser des économies qui deviennent indispensables pour ce marché. En continuant son expansion et en consolidant son positionnement sur la scène internationale, OVHcloud concourt avec les plus grands noms (Amazon, Microsoft, Google) sur le marché du Cloud et entend mener la souveraineté numérique et innover en matière de protection des données, qui sont ses enjeux phares.

 

 

Aux prémices de l'introduction : des ambitions bien rodées

 

Septembre 2020, Bloomberg révélait qu’OVHcloud avait mandaté Rothschild & Co pour la conseiller sur une IPO dès 2021. Octave KLABA y pensait en fait depuis des années. Les discussions restaient privées et selon d’autres sources, des banques allaient aussi être reçues pour prendre part à ce projet. C’est en mars 2021 que les rumeurs se sont intensifiées. Octave KLABA annonce le 7 mars sur Twitter le projet d’une éventuelle introduction en bourse. Or, l’incendie des Data centers de Strasbourg survenu deux jours après force à repousser l’annonce officielle de son Directeur général.

 

En dépit du caractère long et complexe de cette opération financière d’envergure et de la période difficile, les chiffres de la société étaient tout compte fait bien robustes. Trois mois passent et le lundi 14 juin, Michel PAULIN s’exprime : « L’introduction en Bourse est un moyen d’accélérer la génération de la confiance auprès de nos futurs clients ». OVHcloud fera ses premiers pas sur Euronext à l'automne 2021. Une IPO constitue une “étape”, un élément essentiel dans le développement de OVH selon lui. L’objectif repris plus tard par son communiqué de presse officiel est le suivant : “financer sa stratégie de croissance” dans le monde entier en espérant lever entre 350 et 400 millions d’euros pour cette augmentation de capital à travers l’émission d’actions nouvelles. Deux axes stratégiques s’inscrivent dans cette lignée : “renforcer sa position de champion”, de “pure player du Cloud” au sein de l'Union européenne et croître encore plus, particulièrement en Amérique du Nord et en Asie, où se situent les principaux concurrents. Cette levée de fonds consacre ainsi 4 ambitions d’OVHcloud :

 

  1. Investir davantage dans le marketing et la vente

  2. Étendre l’offre en développant de nouveaux produits (plus de 40 produit sont attendus d’ici les 18 prochains mois) et services

  3. Marquer son positionnement à l’international qui constitue déjà plus de la moitié de son CA, avec un intérêt croissant pour l’Asie

  4. Effectuer des acquisitions ciblées

 

Une IPO record

 

Lors de la cérémonie d’introduction en Bourse, Cédric O, le Secrétaire d'État chargé de la transition numérique et des Communications électroniques, aux côtés d’Octave KLABA, se réjouissait : « C'est un grand jour pour la French Tech, pour la souveraineté française et européenne. Nous voulons des champions ici, OVH est le début d'un champion, j'espère que ce sera un plus grand champion encore ».  En plus d’avoir décroché un taux de demandes d’actions triomphant, OVHcloud est aussi la deuxième entreprise du French Tech Next40 (= label créé par le gouvernement français en 2019 visant à soutenir ses futurs leaders technologiques) à s’introduire en bourse sur l’Euronext Paris cette année, après celle de Believe en juin 2021. Les récompenses continuent encore : OVHcloud, devient à ce titre la 8ème plus importante valeur technologique de l’Euronext Paris.

 

À l’ouverture, le prix de l’action était fixé à 18,50 €. Prudente et soucieuse de la réaction des investisseurs, OVHcloud avait fixé sa valorisation en bas de la fourchette. Le démarrage de la séance a été “hésitant”, “timide” et même négatif aux premières minutes. A la mi-journée, l’action était en hausse d’environ 8% atteignant la vingtaine d’euros, pour clôturer finalement au prix de 19,70 € soit respectivement 1,20 € et 6,51% de plus qu’au matin de son introduction.

 

La société s’est alors établie dans le compartiment A de l’Euronext Paris, puisque sa capitalisation boursière était supérieure à 1 milliard d’euros (3,48 milliards d’euros au jour de l’introduction). Le montant total de l’offre (= la levée de fonds) s’est chiffrée elle à 400 millions d’euros. De plus, dans la journée de lundi suivant son introduction, son action atteignait le pic de 8,18% de hausse pour un prix de 21,31€. De nombreuses analyses et conseils boursiers ont paru en ligne, en applaudissant les performances réalisées en dépit des deux incidents précédents.

 

La répartition de son capital est ainsi la suivante : famille KLABA (69,6%), part du public ou capital flottant ‘12,9%), TowerBrook Capital Partners (7,7%), KKR (7,7%), salariés, anciens salariés, dirigeants anciens ou actiels (2,1%°).

 

 

Des idées plurielles, grandissantes et ambitieuses

 

Michel PAULIN, le Directeur général s’exprimait encore : “Le succès de l'introduction en Bourse d'OVHcloud marque le début d’une nouvelle séquence de développement pour notre entreprise.” Rappelons que cette levée de fonds vise à soutenir le plan de croissance de la société qui évolue au sein d’un environnement concurrentiel féroce. Pour ce, elle mise sur une croissance forte à la clôture de l’exercice 2021 (a fortiori avec son IPO) avec des revenus aux alentours de 655 et 665 millions d’euros et une marge d’EBE entre 38% et 40%. De plus, elle vise une croissance organique atteignant 25 % par an jusqu'à l’horizon 2025.

 

Outre les projets de création de data centers, d’augmentation de l’offre, d’amélioration des services [...] les ambitions de cette pépite française se fixent à grande échelle, sur d’autres plans. Aujourd’hui certes, les mastodontes américains et chinois n’ont pourtant pas à envier ses parts de marché et moyens financiers. Leurs capitalisations boursières respectives et ampleurs sont incomparables mais la croissance du leader européen ainsi que ses perspectives sont à considérer sérieusement.

Le gouvernement français se montre assurément optimiste quant au succès d’OVHcloud, la “réussite française” qui doit “montrer l’exemple” avec son IPO. Octave KLABA est lui très confiant pour l’avenir de la French Tech, suivant de près son réseau très dynamique.

 

Pour une société “leader européen” qui, aux yeux de son fondateur, souhaite “sortir de l’ombre et rendre nos projets mondiaux” son intérêt se porte évidemment aussi sur un des projets en discussion avec quelques autres acteurs du Vieux Continent. « Gaia-X », une plateforme européenne de l'hébergement cloud est actuellement en discussion et il va sans dire qu’OVHcloud porte le sujet de la souveraineté très à cœur. OVHcloud est aussi présentée comme “solution alternative européenne aux géants américains” par certains politiciens. La réglementation liée au Cloud y est d’ailleurs à construire ; Octave KLABA appelle à l’union pour bâtir un écosystème prêt à rivaliser les mastodontes du secteur.

OVHcloud y voit subséquemment au travers de l’installation de serveurs locaux dans le monde entier, une opportunité de se placer comme une alternative face à ses concurrents américains, contraints par le Patriot Act… Ces sujets seront sans doute consacrés très prochainement dans l’actualité internationale.

 

 

Plus encore : retour pas à pas sur les étapes phares de l'introduction

 

Première étape : l’enregistrement. À la veille de celle-ci, le Conseil d’Administration de la société se réunissait pour discuter et fixer des derniers préparatifs, dont le prix à l’ouverture. Le lundi 4 octobre 2021, OVH Groupe (OVHcloud et l’entièreté de ses filiales) passait la première étape cruciale en recevant l’approbation de son prospectus d’IPO et du document d’enregistrement par l’Autorité des Marchés Financiers. Le lendemain, la société annonçait publiquement le lancement de son introduction à la Bourse de Paris dans un communiqué officiel et ouvrait son offre aux investisseurs, explications ci-dessous.

 

Les vendeurs de ces titres sont autres que des membres de la famille KLABA, les deux actionnaires cédants (KKR et TowerBrook Capital Partners) ainsi que des dirigeants, salariés et anciens salariés d’OVHcloud. Il était toutefois prévu qu’à l’issue de cette IPO, la famille du fondateur resterait majoritaire : 70% du capital seraient détenus par celle-ci.

 

Plusieurs modalités sont à prévoir dans le cadre d’une IPO ; le “calendrier indicatif de l’offre” en indique les directives :

Choix du marché. En tant que “champion européen du Cloud” OVHcloud a naturellement souhaité s’inscrire sur le marché très liquide de l’Euronext. Réglementé par l’Union Européenne (UE), il se destine aux entreprises jouissant d’une solide base financière pouvant attirer la demande des investisseurs locaux et internationaux, institutionnels et particuliers.  Elle a choisi la France, et donc Paris comme place de cotation. Les critères d’admission y sont stricts et élevés.

 

Structure de l’offre. Pour se coter en bourse, OVHcloud a émis des actions proposées sous deux formes complémentaires assurant un actionnariat stable et une bonne liquidité de la valeur. Pour les particuliers, les titres sont éligibles au PEA (Plan d’Épargne Action) et au Compte-Titre Ordinaire (CTO).

 

  • D’abord, elle a proposé une offre à prix ouvert (OPO : Open Price Offer) destiné aux investisseurs particuliers en France. Cette forme lui permettait de proposer une fourchette de prix préfixée pour son titre mis en vente.

 

  • Elle l’a ensuite complétée avec “un placement privé international” (“Placement Global” ou “Placement Garanti”, Guaranteed Investments), qui listait les intentions d’achat des investisseurs institutionnels en France et à l’étranger avant l’introduction.

 

Fourchette indicative du prix de l’offre. Il s’est fixé entre 18,50 et 20 euros par action et était indiqué qu’il pouvait être soumis à modifications à tout moment.

 

Le montant de l’offre. On attendait une valorisation ou capitalisation boursière d’ouverture (= nombre d’actions multiplié par le dernier cours d’échange) ou émission à hauteur de 4 milliards d’euros. Étaient prévues :

 

  • Sur la base de la borne inférieure de la fourchette de prix indicative : 18,9 millions d’actions émises au maximum (“actions nouvelles” de la part de la société) pour un total de 3,48 milliards d’euros

 

  • Sur la base de la borne inférieure de la fourchette de prix indicative :  2,7 millions d’actions émises au maximum (“actions cédées initiales” de la part des actionnaires cédants KKR et TowerBrook CP) pour un total de 50 millions d’euros.

 

Ajout de l’option de surallocation (“greenshoe”). Les deux actionnaires, KKR et Towerbrook CP ont consenti avec BNP Paribas (= « l’agent stabilisateur ») l’ajout d’un “greenshoe”. Ceci permet à la banque d’éventuellement réguler le prix de l’action pour assurer la stabilité des cours. En effet, si le prix de l’action s’envolait, la BNP Paribas pouvait faire baisser le cours en achetant les actions supplémentaires détenues par les actionnaires à hauteur de 15% du nombre total des actions et sur la base de la borne inférieure de la fourchette de prix indicative. En somme, ce sont 3 243 244 d'actions supplémentaires pour un montant maximum de 110 millions d'euros qui pouvaient être cédées. Cette option ne peut être activée qu’une seule fois, pendant les 30 jours calendaires à partir du jour de la fixation du prix, soit jusqu'au 13 novembre 2021. Celle-ci a bien été activée, au 21 octobre 2021.

 

La fin de la période de souscription. Les ordres (= dans ce cas, requêtes pour acheter un actif en bourse) devaient être passés en amont et pouvaient être révoqués pour les deux formes d’actions selon des modalités bien précises.

 

  • Pour les particuliers souhaitant participer à l’OPO, les ordres devaient être déposés au guichet d’un intermédiaire financier habilité en France avant le 13 octobre 2021 à 17 heures, heure de Paris et avant 20 heures, heure de Paris, pour ceux passés en ligne.

 

  • Pour le Placement Global, la fin de période était prévue au 14 octobre 2021, à 12 heures, heure de Paris.

 

Dernières étapes : la première cotation et la période de stabilisation (permettant à l’action de trouver son point d’équilibre à court terme), la fixation du prix de l’offre et sa diffusion étaient prévues le même jour, au 14 octobre.

 

Succès de son introduction en bourse. Au soir du jeudi 14 novembre, OVHcloud se félicitait du succès de son IPO. Le début des négociations des actions, sous forme de promesses d’actions (= convention entre un actionnaire et un bénéficiaire sur la vente d’actions à un prix déterminé, aux conditions fixées et un délai déterminé ou indéterminé) aurait lieu le vendredi 15 octobre comme prévu. Le règlement-livraison des actions se faisait le 18 octobre 2021, suivi par le début des négociations de la société sur une ligne de cotation intitulée “OVH” au 19 octobre. D’autre part encore, l’option de surallocation avait été jugée essentielle et donc activée au 21 octobre 2021 comme explicité.

 

Une autre date phare reste à prévoir. Au 13 novembre, la période de stabilisation touchera à sa fin. OVHcloud se prononcera certainement à nouveau et plus amplement sur le vécu de cette opportunité inédite…